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26 questions fréquentes sur le Covid-19

Dernière mise à jour : 02.04.2020 (17h05 GMT)
Ci-dessous, Creapharma.ch (sous la direction de Xavier Gruffat, pharmacien suisse) a rassemblé les principales questions fréquentes sur le Covid-19. Nous essayons au mieux de mettre à jour la page, les références se trouvent dans le texte et en bas de page. En cas d’erreurs contactez-nous
Pour le nombre de cas et de morts du Covid-19, cliquez-ici

SYMPTÔMES/ÂGES

Quels sont les premiers symptômes du Covid-19 ?
Les premiers symptômes les plus fréquents sont la fièvre dans 98% des cas, la toux dans 76% et des douleurs ou fatigue dans 44% des cas1.
Des symptômes moins fréquents peuvent apparaître : maux de tête, rarement des douleurs musculaires, des nausées et des diarrhées.
Cela dit, selon un article de CNN.com publié le 18 mars 2020 se basant sur une petite étude prenant en compte 200 personnes atteintes du Covid-19, les symptômes digestifs pourraient être plus fréquents qu’on ne l’a pensé, ils pourraient être présents dans presque 50% des cas de Covid-19 (ex. diarrhée, nausées, vomissement, perte d’appétit). £
Découvrez tous les symptômes dans notre dossier complet sur le Covid-19

Combien de temps durent les symptômes ?
Dans la plupart des cas bénins de Covid-19, les symptômes légers comme la fièvre ou la toux persistent pendant quelques jours avant le rétablissement 2. Cela dit, la toux ou d’autres symptômes comme la fièvre peuvent persister pendant 20 jours.
Lors de symptômes graves comme une pneumonie virale provoquée par le Covid-19, la pneumonie se soigne en milieu hospitalier en au moins 15 jours. Mais la maladie peut évoluer en pneumonie bactérienne, ce qui peut prolonger encore plus la durée de l’hospitalisation. Lors de complications, des premiers symptômes à la phase de guérison, il peut s’écouler environ 1 mois.

Les symptômes sont graves dans quel pourcentage ?
Dans environ 20% des cas, les symptômes du Covid-19 sont graves. Cela signifie que dans 80%, les symptômes sont inexistants (personnes asymptomatiques), légers ou modérés (ex. fièvre, toux) et ne nécessitent pas d’hospitalisation, selon l’OMS.
En cas d’évolution grave de la maladie, une difficulté à respirer peut survenir au bout d’une semaine environ, et dans le pire des cas, une pneumonie avec détresse respiratoire et affectation d’autres organes et systèmes peut se manifester. Le sepsis est une autre complication possible grave du Covid-19.
En Italie, comme l’a relevé CNN.com le 18 mars 2020 citant un rapport du gouvernement italien, les décès du Covid-19 apparaissent environ 8 jours après les premiers symptômes (surtout fièvre et toux). L’âge médian des Italiens morts était de 80,5 ans. Ce rapport concerne seulement l’Italie et prend en compte des données jusqu’au 17 mars 2020.

Combien de personnes porteuses du virus n’ont aucun symptôme ?
De 25 à 50% des personnes testées positives au Covid-19, c’est-à-dire infectées par le virus, ne présentent aucun symptôme. On parle de cas asymptomatiques, comme le relève CNN le 1er avril 2020.

Comment le virus entre-t-il dans les cellules humaines ?
L’affinité du SARS-CoV-2 (virus du Covid-19) pour les cellules humaines et en particulier pour le récepteur ECA-2 (l’enzyme de conversion de l’angiotensine), sa porte d’entrée dans la cellule, est grande. En effet, le virus SARS-CoV-2 se lie avec sa protéine de pointe (spike protein) au récepteur ECA-2 (en anglais ACE2 ou ACE-2) sur les cellules pulmonaires de l’organisme humain. Attention, selon la littérature scientifique les inhibiteurs de l’ECA courants, des médicaments en général indiqués contre l’hypertension artérielle, ne sont pas efficaces pour prévenir l’infection au SARS-CoV-2.

Est-ce que les enfants peuvent être touchés par le Covid-19 ?
Les enfants peuvent bien sûr être touchés par le Covid-19, mais les cas graves sont rares. Les enfants sont moins gravement touchés que les adultes. En Chine, une étude de l’OMS prenant en compte plus de 75’000 cas jusqu’à fin février 2020 a montré qu’une très faible part d’enfants avaient développé une forme grave (2,5%) ou critique (0,2%) du Covid-19 3.
La fermeture des écoles se justifie notamment par le fait que les enfants peuvent être porteurs ou vecteurs du virus et le transmettre à des adultes, notamment les seniors.

TRANSMISSION / VIRUS

Comment est-on contaminé par le virus ? Le virus reste-t-il sur des surfaces ?
La maladie est très contagieuse, comme l’informe l’OFSP (site consulté le 17 mars 2020).
Le Covid-19 se répand principalement :
– Lors d’un contact rapproché avec une personne malade quand on reste plus de 15 minutes et à moins de 2 mètres d’une personne malade
– Lorsqu’une personne infectée parle, tousse ou éternue.
– Par les mains.
Une étude publiée en mars 2020 a montré que le virus Covid-19 pouvait survivre jusqu’à 3 jours sur des surfaces, comme le relève CNN le 17 mars 2020. Les chercheurs ont découvert que le Covid-19 pouvait être détecté sur le cuivre pendant quatre heures, le carton pour une durée maximale de 24 heures et le plastique et acier inoxydable jusqu’à 72 heures. De plus, le coronavirus pourrait persister dans des aérosols – la suspension de minuscules particules ou gouttelettes dans l’air – pendant trois heures, selon l’étude. L’étude a été publiée dans le New England Journal of Medicine en mars 2020.

Quel est le taux de mortalité du Covid-19 ?
Le taux de mortalité du coronavirus Covid-19 dans le monde serait d’environ 3,4%, selon l’OMS4. Le taux de mortalité varie toutefois fortement d’un pays à l’autre, plus bas en Corée du Sud à environ 0,7% et plus haut en Italie à 6%5. Par comparaison, le taux de mortalité de la grippe est d’environ 0,1% ces dernières années comme en France6.
Nouvelle étude (fin mars 2020)
Le lundi 30 mars 2020, une étude du journal scientifique de référence The Lancet Infectious Diseases (DOI : 10.1016/S1473-3099(20)30243-7) estimait que le taux de mortalité du Covid-19 était de 0,66%5. Autrement dit, 0,66% des personnes infectées par le virus en meurent. C’est moins que d’autres rapports ou études publiées en 2020, car l’étude du Lancet se base sur tous les cas de personnes infectées, y compris ceux sans symptôme (asymptomatique) qui sont une majorité. On sait que dans de nombreux pays comme l’Italie les cas confirmés de Covid-19 se basent surtout sur des cas graves, des personnes hospitalisées surtout.
Jusqu’à l’âge de 39 ans, le taux de mortalité du Covid-19 reste très bas, à 0,2%, puis s’élève progressivement avec l’âge, à 0,4% de 40 à 49 ans, à 1,3% de 50 à 59 ans, de 3,6% de 60 à 69 ans, de 8% de 70 à 79 ans et surtout à 14,8% chez les plus de 80 ans, selon une étude de l’OMS publiée mi-février 2020. 

Quand une personne est-elle contagieuse ? Peut-on contaminer d’autres personnes si on ne présente aucun symptôme (asymptomatique) ?
Comme le mentionne l’OFSP (consulté le 17 mars 2020) une personne est contagieuse quand elle est malade. Autrement dit quand elle tousse beaucoup ou a beaucoup de fièvre.
Mais aussi, juste avant de tomber malade.
Une contamination sans symptômes est aussi possible7. De plus, des chercheurs en maladies infectieuses de l’université du Texas à Austin aux Etats-Unis qui étudient le nouveau coronavirus Covid-19 ont pu déterminer dans une étude la vitesse à laquelle le virus peut se propager. Ils ont découvert que le temps entre les cas dans une chaîne de transmission est inférieur à une semaine et que plus de 10% des patients sont infectés par une personne qui a le virus mais ne présente pas encore de symptômes. Plus d’informations sur cette étude

Peut-on attraper une 2ème fois le Covid-19 ?
Pour le moment, on ne sait pas encore exactement si une personne déjà infectée peut attraper des semaines ou mois après une deuxième fois le virus et souffrir à nouveau de symptômes8. Mais la plupart des spécialistes qui s’expriment par exemple sur France 2, exemple fin mars 2020, estiment que le virus SARS-CoV-2 (donc à l’origine du Covid-19) donne une immunité de plusieurs semaines ou même mois. On ne sait pas encore si un personne infectée est immunisée des années après l’infection.

Quelle est la période d’incubation du Covid-19 ?
La période d’incubation ou temps d’incubation du virus SARS-CoV-2 est de 2 à 14 jours selon les informations disponibles, comme le relève le site Pharmawiki.ch le 24 janvier 2020. Cela signifie que les symptômes apparaissent assez rapidement après l’infection. Selon les dernières informations relayées notamment par le site Le Figaro le 25 février 2020, la période d’incubation se situe autour de 5 ou 6 jours (plus rarement entre 1 et 14 jours).
La période d’incubation est le temps, en général exprimé en jours, entre le moment où une personne devient porteuse du virus et l’apparition des premiers symptômes (ex. fièvre, toux). 
Selon des informations relayées notamment par le site Le Figaro le 25 février 2020, la période d’incubation se situe en moyenne autour de 5 ou 6 jours (plus rarement entre 1 et 14 jours).

Quel est l’intervalle sériel moyen du Covid-19 ?
Les chercheurs ont découvert que l’intervalle sériel moyen pour le nouveau coronavirus Covid-19 en Chine était d’environ quatre jours. Le virus Ebola, avec un intervalle sériel de plusieurs semaines, est beaucoup plus facile à contenir que la grippe ou le Covid-19, avec un intervalle sériel de quelques jours seulement. Les responsables de la santé publique ont beaucoup plus de temps pour identifier et isoler les cas avant qu’ils n’infectent d’autres personnes lors d’une épidémie ou pandémie d’Ebola. Plus d’informations

FUTUR / POLITIQUE

La pandémie pourrait-elle diminuer en Europe avec l’arrivée du chaud (été surtout) ?
Oui c’est possible mais pas encore sûr, car il y avait aussi des cas de Covid-19 dans des pays de l’hémisphère sud (ex. Australie, Brésil, Afrique du Sud) où c’était l’été début mars 2020. Le docteur chinois Zhong Nanshan, un haut responsable de la santé dans son pays, expliquait dans un communiqué de presse tenu le 12 mars 2020 qu’en été (dès juin dans l’hémisphère nord) avec des températures relativement élevées, le virus est relativement moins actif. Le Dr Nanshan est le directeur du National Clinical Research Center for Respiratory Disease chinois, comme le relève CNN.com. Affaire à suivre comme on dit.

Combien de temps la crise ou pandémie du Covid-19 avec écoles fermées et de nombreux commerces (ex. restaurant) pourrait-elle durer ?
Le site suisse de référence NZZ.ch parlait le 15 mars 2020 de plusieurs mois, avec les ouvertures d’écoles en juin ou juillet 2020. La TV américaine de référence CNN parlait le 15 mars 2020 d’au moins 6 mois en se référant aux Etats-Unis. Mais pour le moment personne ne sait vraiment la durée.
Selon The Guardian qui se base sur des fuites du Ministère de la Santé britannique la crise pourrait durer jusqu’au printemps 2021 avec une diminution du nombre de cas et morts en été. Le nombre de morts des conséquences du Covid-19 pourrait s’élever, selon des projections basses, à 318’000 au Royaume-Uni9.

Combien de personnes pourraient être touchées par le Covid-19 ?
Selon les calculs de l’épidémiologiste de l’Université d’Harvard (Etats-Unis) Marc Lipsitch, de 20 à 60% de la population mondiale pourrait être touchée par le Covid-19, il a revu à la baisse ses données car en février il parlait de 40 à 70%. Autrement dit, l’intervalle de personnes touchées peut encore changer en fonction de l’évolution de la pandémie. La chancelière allemande Angela Merkel estimait début mars 2020 que jusqu’à 70% des Allemands pourraient être contaminés par le virus du Covid-1910.

Pourquoi autant d’efforts pour lutter contre le coronavirus Covid-19 et moins contre la grippe ?
Même si le Covid-19 a un taux de mortalité relativement bas d’environ 2 à 3,5% pour l’ensemble de la population, il peut monter jusqu’à 15% chez les plus de 80 ans (lire ci-dessus). Cela signifie que pour une personne jeune (ex. moins de 30 ans) le risque de mourir du Covid-19 est très bas et se rapproche du risque du virus de la grippe (influenza), mais pour les plus de 70 ans et surtout les plus de 80 ans le taux de mortalité très haut justifie qu’on protège cette population à risque. On peut dire qu’il s’agit d’un acte de solidarité pour protéger les seniors et personnes avec des facteurs de risque (ex. diabète) dans une société. Une autre raison est que l’on connaît bien le virus de la grippe, depuis plus de 100 ans. Par contre le Covid-19 est beaucoup plus mystérieux, il est donc important d’être particulièrement vigilant. De plus, il existe un vaccin contre la grippe mais pas encore contre le Covid-19. Finalement (probablement la raison principale), si trop de personnes sont infectées en même temps comme c’est le cas par exemple dans le nord de l’Italie, les hôpitaux sont rapidement surchargés et il y a par exemple un manque de lits. Toutefois, certains spécialistes – toujours plus rares – critiquent les mesures radicales prises notamment par le gouvernement italien en estimant que la différence avec la grippe n’est pas si grande, ce qui ne justifie pas de mettre tout un pays ou région en quarantaine, même partielle. [Sources : CNN.com, RTS.ch, UOL.com.br]
Etaler dans le temps
Le 15 mars 2020, le Ministre français Jean-Michel Blanquer a bien résumé la situation : «Comme vous le savez, depuis le début, la stratégie ce n’est pas d’empêcher que le virus passe – on sait qu’il passera probablement par plus de la moitié d’entre nous – mais c’est de faire en sorte qu’il passe de la manière la plus étalée possible dans le temps», a indiqué le ministre de l’Education interrogé ce matin sur FranceInfo.

En Suisse, France et Allemagne, combien est-ce qu’il y a de lits de soins intensifs disponibles ?
– A la mi-mars 2020, il existait en Suisse un maximum de 1200 lits de soins intensifs pouvant être mis à disposition dans tout le pays. Ce chiffre provient d’une déclaration de Daniel Koch de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) datant du 17 mars 2020. Pour le moment en Suisse, il existe 800 lits préparés de soins intensifs, 400 nouveaux pourraient donc être mis à disposition. Les lits de soins intensifs sont nécessaires pour les cas de graves complications du Covid-19 comme la pneumonie. Avec une population suisse de 8,5 millions d’habitants pour 1200 lits, cela représente 0,014% (soit 0,14 pour mille), soit une très mince fraction.
– Début mars 2020, il existait en France seulement 5’000 lits de soins intensifs11. Avec une population française de 67 millions d’habitants pour 5’000 lits, cela représente 0, 007% (soit 0,07 pour mille), soit une très mince fraction, beaucoup moins que l’Allemagne (lire ci-dessous).
– A la mi-mars 2020, il existait en Allemagne 28’000 lits de soins intensifs, avec un total de 20’000 appareils pour la respiration (Beatmungsgeräte), pouvant être mis à disposition dans tout le pays12. Avec une population allemande de 82 millions d’habitants pour 28’000 lits, cela représente 0,034% (ou 0,34 pour mille), soit une très mince fraction mais plus qu’en Suisse par exemple.
Mais depuis début avril 2020, l’Allemagne a augmenté sa capacité de soins intensifs à quelque 40’000 lits. Les trois quarts, soit environ 30’000, sont équipés d’une assistance respiratoire (respirateur), comme le relève le site TDG.ch le 2 avril 2020.

DIAGNOSTIC

Comment se déroule le diagnostic du Covid-19 ?
Il existe deux méthodes pour diagnostiquer le virus SARS-CoV-2 à l’origine du Covid-19.
1. La méthode par PCR (frottis)
Tout d’abord, un médecin prélève un échantillon des voies respiratoires d’un patient – en général par un frottis au niveau du nez. Notez que l’examen est un peu douloureux. Cet échantillon est préparé puis envoyé en laboratoire où des spécialistes recherchent le matériel génétique du virus à l’aide d’un test appelé PCR (ou RT-PCR). Pour simplifier, une section spécifique du génome du virus est copiée des millions de fois grâce à la PCR. Les copies sont marquées en couleur avec une sonde. Ce marquage en couleur peut ensuite être rendu visible avec des équipements complexes. Si des signaux de couleur correspondants sont présents, l’échantillon est un “échantillon positif”. Dans des conditions idéales, un tel test dure de 3 à 5 heures dans un laboratoire spécialisé. Notez qu’il s’agit bien du matériel génétique du virus qui est recherché et pas les anticorps. La méthode par PCR permet de diagnostiquer les patients actuellement porteurs du virus, et pas ceux l’ayant eu des jours ou semaines avant.
2. La méthode par détection d’anticorps (prise de sang)
Cette méthode détecte par une prise de sang des anticorps endogènes (du propre corps) contre le SRAS-CoV-2, par exemple par la détection d’IgG ou d’IgM dans le sang (sérodiagnostic). Il existe des tests rapides, qui peuvent être effectués en 15 minutes environ en laboratoire. Lorsque le corps se bat contre un agent pathogène (ex. virus), le système immunitaire produit des anticorps qui sont des protéines qui se lient spécifiquement aux antigènes à la surface des agents pathogènes (ex. virus). Si on utilise une métaphore, l’anticorps est comme une clé qui se fixe à la serrure qu’est l’antigène. Il faut savoir que les anticorps circulent pendant des semaines ou mois dans le corps après l’infection13. Ces tests de détection d’anticorps sont particulièrement utiles pour les personnes qui pensent avoir été infectées mais pour différentes raisons n’ont pas pu effectuer le test par PCR mais aussi pour la population générale, car on sait que jusqu’à 50% des personnes infectées ne présentent pas de symptômes (on parle de cas dits asymptomatiques). Idéalement, l’entier de la population devrait être testée. Des pays comme l’Allemagne, le Royaume-Uni ou la Hollande préparent des tests à grande échelle par détection d’anticorps dans le sang. Il est toutefois important que ces tests soient fiables et ne présentent pas de faux négatifs et surtout de faux positifs (ex. le test indique que la personne a été infectée mais en fait elle ne l’a pas été, le risque est que la personne s’infecte par la suite).

Si une personne, sans le savoir, a été infectée par le Covid-19 dans le passé mais ne présente plus de symptômes, est-ce que le test de diagnostic par PCR peut le découvrir ?
Non. Creapharma.ch a interrogé un médecin à ce sujet le 17 mars 2020 (médecin travaillant dans l’un des meilleurs hôpitaux d’Amérique latine), selon lui ce n’est probablement pas possible, en tout cas pour le moment (mars 2020). Comme la charge virale baisse de façon importante par exemple 10 jours après le début des premiers symptômes, le test de diagnostic ne pourra probablement plus identifier le virus par PCR (lire question ci-dessus).
Par contre les tests sérologiques par détection d’anticorps permettent de rechercher les personnes déjà immunisées, c’est-à-dire qui ont été infectées par le Covid-19. Toutefois, il s’agit plutôt d’un instrument destiné à être utilisé à moyen ou long terme14.

TRAITEMENT / PRÉVENTION

Faut-il se rendre aux urgences ?
Cela dépend. En cas de symptômes comme un syndrome grippal (refroidissement) avec notamment fièvre ou toux, il ne faut pas se rendre aux urgences. Il faut se rendre aux urgences seulement en cas de difficultés à respirer (ex. manque d’air) ou lors d’une augmentation de la fréquence respiratoire. En cas de doute, vous pouvez bien sûr toujours téléphoner à votre médecin traitant.
France – Attention : si on respire mal, il faut appeler le 15 – n’appelez pas le 15 pour des symptômes légers (ex. toux).
Suisse – Attention : si on respire mal, il faut appeler le 144.
Rappel : en cas de fièvre prenez du paracétamol et pas d’autres médicaments anti-inflammatoires (AINS) comme l’ibuprofène, respectez la posologie du paracétamol et surtout demandez conseil à un médecin ou pharmacien.

Quel médicament faut-il utiliser pour abaisser la fièvre ?
Il faut prendre du paracétamol. Les anti-inflammatoires comme l’ibuprofène ne sont en général pas recommandés contre l’infection au nouveau coronavirus Covid-19, car ils pourraient être un facteur d’aggravation de l’infection Covid-19, comme l’a relevé le Ministre de la Santé français Olivier Véran sur son compte Twitter le 14 mars 2020. Le Ministre relève qu’en cas de fièvre, il faut prendre du paracétamol. Si une personne est déjà sous anti-inflammatoires ou en cas de doute, il faut demander conseil à son médecin.

Quel est le temps de récupération ?
Il faut parfois plusieurs semaines pour se remettre complètement de la maladie causée par le nouveau coronavirus (Covid-19), a déclaré le Dr Mike Ryan, directeur exécutif du Programme d’urgence sanitaire de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), lors d’une réunion d’information le lundi 9 mars 2020.

Qui sont les personnes à risque ?
Les personnes de plus de 65 ans sont particulièrement en danger concernant le Covid-19. Elles tombent souvent gravement malades, selon l’OFSP (consulté le 17 mars 2020).
De plus, les personnes qui souffrent de ces maladies sont aussi en danger, toujours selon l’OFSP :
Tension artérielle trop élevée (hypertension)
– Diabète
– Maladies du cœur et de la circulation
– Maladies des voies respiratoires. Par exemple : l’asthme
– Maladies et traitements qui affaiblissent le système immunitaire
– Cancer
– Fumeurs

Est-ce qu’il existe un vaccin ?
Il n’existe actuellement aucun vaccin contre les coronavirus. Mais plusieurs institutions et entreprises dans le monde travaillent d’arrache-pied pour en développer un, peut-être disponible en été 2021, selon l’agence de presse suisse Keystone-ATS datant du 11 février 2020. Il faut en effet plusieurs mois voire plusieurs années pour élaborer un vaccin. Mi-mars 2020, il était difficile d’évaluer si un vaccin efficace et sûr sera disponible rapidement et en quantité suffisante et, le cas échéant, quand.
Essai sur un vaccin aux Etats-Unis (début le 16.03.2020)
Un nouvel essai de vaccin contre les coronavirus, notamment Covid-19, aux États-Unis a maintenant donné une dose à son premier participant, l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses, a annoncé lundi 16 mars 2020, selon CNN.com. L’étude vise à recruter un total de 45 adultes en bonne santé sur une période de six semaines. Chaque participant recevra deux injections à environ un mois d’intervalle, à des doses variables. L’étude, qui est un essai de phase I, vise à établir que le vaccin est sûr et induit une réponse souhaitée de la part du système immunitaire des participants. Pour prouver que le vaccin est efficace dans la prévention de l’infection par Covid-19, il faudra toutefois des études de suivi impliquant beaucoup plus de participants, ce qui prendra beaucoup plus de mois, selon les experts.

Comment fonctionnent les masques ?
Masques de protection respiratoire (masques chirurgicaux) 
Le port de masque chirurgical (masques de protection respiratoire) est recommandé pour les personnes infectées et selon certains médias pour le personnel soignant afin de limiter la propagation du virus notamment lors de toux ou d’éternuement. Mais pour les personnes qui ne sont pas encore malades – c’est-à-dire l’immense majorité, le port d’un masque ne constitue pour le moment pas une recommandation des autorités sanitaires, comme le relèvent de nombreux médias à travers le monde.
Les masques de protection respiratoire, appelés aussi masques chirurgicaux (en anglais protective surgical masks), offrent une protection supérieure aux masques d’hygiène comme ceux en papier (en anglais paper masks). Les masques de protection respiratoire correspondent à la norme européenne EN 149. Ils sont répartis en trois classes de protection (FFP1, FFP2, FFP3). Ces masques sont humides après environ 8 heures et doivent alors être changés.
Les masques FFP2 (ou FFP3) avec un très haut niveau de filtration sont les plus efficaces contre le coronavirus Covid-1915
Aux Etats-Unis, les masques FFP2 ou FFP3 sont appelés N95 (davantage d’informations ci-dessous). FFP signifie “filtering face piece”, il s’agit d’un standard de l’Union Européenne (EN standard 149:2001). Pour être précis, un masque N95 signifie qu’il est capable d’enlever 95% de toutes les particules qui ont un diamètre de 0,3 micron ou plus. Un masque FFP1 enlève 80% des particules qui ont un diamètre de 0,3 micron ou plus, un FFP2 enlève 94%, un FFP3 enlève 99% et un N100 99.97%.

Est-ce que la prise de vitamines peut aider à prévenir le Covid-19 ?
Selon une médecin interrogée par la TV CNN le 15 mars 2020, aucune étude n’a vraiment montré un impact. Cela dit renforcer son immunité peut s’avérer forcément utile. Lire notre article : 10 conseils pour renforcer son immunité

Sources  & Références :
The New York Times, CBSNews, Pharmavista.net, Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP), Keystone-ATS, OMS, Folha de S.Paulo, Pharmawiki.ch, Le Figaro, NZZ, CNN.com (nombreuses éditions, ex. ici), AFP, France 24, France 2 (Journal TV), OFSP

Personnes responsables et impliquées dans l’écriture de ce dossier :
Xavier Gruffat (Pharmacien et Rédacteur en chef de Creapharma), Seheno Harinjato (Rédactrice chez Creapharma.ch, responsable des infographies).

Crédits photos :
Fotolia.com, Adobe Stock, © 2020 Pixabay, Creapharma.ch

Infographies : 
Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch)

Date de dernière mise à jour : 
02.04.2020

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Notes de bas de page et références :

  1. The Wall Street Journal, édition du 6 mars 2020
  2. Site Internet de l’Office Fédéral de la Santé (OFSP) suisse – le lien marchait le 30 janvier 2020, consulté le 30 janvier 2020
  3. Coronavirus disease (COVID-2019) situation reports de l’OMS
  4. Folha de S.Paulo du 16 mars 2020, The Wall Street Journal
  5. Agence de presse Keystone-ATS, daté du 12 mars 2020, Folha de S.Paulo du 16 mars 2020
  6. Journal TV de France 2 du 27 janvier 2020
  7. CNN, télévision, 15.03.2020
  8. Le Figaro, édition du 16 mars 2020
  9. La Repubblica, consulté le 16 mars 2020
  10. Folha de S.Paulo, 17 mars 2020
  11. Les Echos, 11 mars 2020
  12. Handesblatt Deutschland, 17 mars 2020
  13. The Wall Street Journal, édition du 2 avril 2020
  14. Keystone-ATS, 26 mars 2020
  15. Journal de France 2 du 25 février 2020
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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 02.04.2020