Le taux élevé de cholestérol le plus souvent ignoré (OMS)
GENEVE - La majorité des individus avec un taux élevé de cholestérol dans le monde ne prend aucun traitement pour réduire les risques d'infarctus ou d'attaque, selon une étude de l'OMS publiée mardi. La plupart ignorent leur taux de cholestérol.
"Des traitements bon marché sont disponibles, efficaces et peuvent jouer un rôle essentiel en réduisant la charge des maladies cardiovasculaires dans le monde", a déclaré l'un des auteurs de l'étude le médecin américain Gregory A Roth. "Malgré cela, la couverture médicale pour le contrôle du cholestérol reste désespérément basse", a-t-il ajouté.
L'étude publiée dans le bulletin de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a porté sur un échantillon de 79'000 adultes de 40 à 79 ans dans huit pays entre 1998 et 2006 (Angleterre, Allemagne, Etats-Unis, Ecosse, Japon, Jordanie, Mexique et Thaïlande).
En Thaïlande par exemple, le taux de cholestérol de 78% des adultes interrogés n'a pas été contrôlé, en Allemagne la proportion est de 50%. Aux Etats-Unis, seulement 16% des personnes interrogées n'ont pas effectué des analyses, mais pour près de 50% elles n'ont reçu aucun traitement.
Plus de 17 millions de décès par an
En Angleterre, la moitié de l'échantillon n'a pas subi d'analyses et près de 70% n'ont reçu aucun traitement. La situation au Mexique est la plus favorable, avec près de 60% de la population qui a effectué des analyses et reçu un traitement. Au Japon, seulement 20% de l'échantillon a suivi un traitement.
Les maladies cardiovasculaires sont à l'origine de plus de 17 millions de décès dans le monde chaque année. L'OMS rappelle que des changements simples de comportement comme l'arrêt de la consommation de tabac, une activité physique régulière et une alimentation saine peuvent prévenir les attaques cardiaques.
Un traitement avec des médicaments est toutefois nécessaire pour faire baisser un taux élevé de cholestérol et de la pression sanguine. Cette étude comparative est la première du genre, selon l'OMS.
Source : ATS, 2 février 2011
Le "bon" cholestérol n'est pas toujours si bon (étude zurichoise)
ZURICH - Le "bon" cholestérol n'est pas toujours bon pour le coeur. Chez les patients souffrant d'une maladie cardiaque, il est modifié dans le corps et aggrave même la situation, indiquent des chercheurs de l'hôpital universitaire de Zurich.
L'infarctus du myocarde est la cause la plus fréquente de décès en Suisse, rappelle mardi cet hôpital zurichois dans un communiqué. Pour prévenir ces décès, les mesures visent souvent à faire baisser le taux de "mauvais" cholestérol (LDL) ainsi que la pression artérielle.
Simultanément, des scientifiques cherchent à utiliser le "bon cholestérol" (HDL) pour mettre au point des thérapies. Des études ont montré que les gens bénéficiant d'un taux élevé de HDL voient leur risque d'infarctus diminué. En outre, le HDL contribuerait apparemment à lutter contre une sclérose vasculaire.
Mauvaise surprise
Il y a quelques années, la société pharmaceutique américaine Pfizer avait testé une substance favorisant l'augmentation du "bon" cholestérol dans le corps. Cette enquête a toutefois dû être stoppée car le produit, le Torcetrapib, n'a pas diminué le risque de décès comme espéré, mais il l'a augmenté.
Des cardiologues zurichois donnent une explication à ce phénomène dans une étude publiée dans le magazine professionnel "Journal of Clinical Investigation". Selon le chercheur Ulf Landmesser, de la clinique de cardiologie de l'hôpital universitaire de l'hôpital universitaire zurichois, le HDL se présente différemment chez les personnes saines que chez les personnes souffrant de maladie cardiaque.
Oxydation dangereuse
Ce type de maladie a pour particularité d'oxyder le "bon" cholestérol, lequel perd alors son effet protecteur. Les chercheurs considèrent que pour traiter correctement de tels patients, il faut être attentif non seulement à la quantité mais aussi de quelle sorte de HDL il s'agit.
Epaulés par des confrères américains et britanniques, les scientifiques zurichois veulent maintenant vérifier cette hypothèse par des études de cas cliniques. Spécialisée dans des actions au service de la lutte contre les maladies cardiovasculaires et neuro-vasculaires, la Fondation Leducq finance ces recherches avec 6 millions de dollars (4,7 millions de francs).
ATS : 16 août 2011
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