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8 informations à savoir sur le coronavirus (Covid-19)

Article mis à jour le 21 juin 2020
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La maladie au coronavirus Covid-19 (provoqué par le virus SARS-CoV-2) continue de susciter de nombreuses questions et beaucoup d’inquiétudes pour ne pas dire de l’angoisse, avec plus de 8 millions de cas confirmés et plus de 460’000 morts dans le monde le 21 juin 2020, selon un décompte de l’université américaine Johns Hopkins qui fait office de référence. Voici 8 informations à connaître sur le Covid-19.

1. Le virus Sars-CoV-2, un nouveau coronavirus

Le coronavirus est un virus à l’origine d’infections respiratoires chez les êtres humains ou les animaux. Si certains virus de ce type provoquent des infections légères dont les symptômes sont similaires à un rhume, d’autres peuvent mener à des pneumonies graves avec risque de décès. Le Covid-19 (parfois écrit COVID-19), connu au début sous le nom de 2019-nCoV, est une maladie provoquée par un coronavirus qui serait différent des autres virus comme le SARS-CoV ou le MERS-CoV (voir infographie ci-dessous), responsables des épidémies ayant eu lieu dans le passé et notamment en 2002 et 2012. Ce nouveau virus appelé SARS-CoV-2 aurait été transmis à l’homme par un animal, probablement par une chauve-souris puis un autre animal. Cette théorie est parfois remise en question notamment par certains milieux conservateurs américains relevant un billet déclassifié de la CIA informant sur la dangerosité potentiel d’un laboratoire de recherche à Wuhan (Chine) il y a environ 2 ans.
Les chercheurs connaissent actuellement dans le monde environ 3200 coronavirus différents, 95% ont été identifiés sur des chauves-souris, comme le relevait le magazine allemand FOCUS début février 2020.
Pourquoi Covid-19 ?
Pour mieux comprendre cette appellation, il suffit de décomposer le mot : « Co » signifie Corona, « Vi » fait référence à Virus, le « d » se rapporte au terme en anglais disease, c’est-à-dire maladie et 19 se réfère à l’année 2019 où les premiers cas sont apparus (en décembre 2019 en Chine). Le Covid-19 est le nom de la maladie.
Pourquoi SARS-CoV-2 ?
Le terme SARS-CoV-2 vient de l’anglais pour Severe Acute Respiratory Syndrome Coronavirus 2. Le SARS-CoV-2 est le nom du virus provoquant le Covid-19.

2. Transmission de personnes à personnes et taux de mortalité

Le coronavirus à l’origine du Covid-19 se transmet surtout par voie aérienne, par le toucher ou à travers des objets contaminés. La transmission interhumaine de ce syndrome respiratoire par le biais de gouttelettes respiratoires contaminées est aujourd’hui avérée. En effet, cette hypothèse semblait au départ moins probable que celle de la transmission par les animaux, mais elle est aujourd’hui vérifiée à cause de la propagation de la maladie et l’émergence de pneumonies dues à ce virus chez les personnels soignants et les entourages des malades.

Une étude publiée dans le New England Journal of Medicine le 20 mars 2020 suggère que les gens pourraient être infectés par le coronavirus par l’air et après avoir touché des objets contaminés. Selon cette étude, le virus qui provoque le Covid-19 pourrait survivre pendant plusieurs heures à plusieurs jours sur les surfaces et dans les aérosols. Les scientifiques ont découvert que le virus était détectable jusqu’à trois heures dans les aérosols, jusqu’à quatre heures sur le cuivre, jusqu’à 24 heures sur le carton et jusqu’à deux ou trois jours sur le plastique et l’acier inoxydable.

Selon les Centres de contrôle et de prévention des maladies américains (CDC), le Covid-19 se propage principalement par des gouttelettes respiratoires transmises par contact étroit (à moins de 1,80 m) avec une personne infectée1(voire aussi infographie ci-dessus).
Taux de mortalité
Le 7 juin 2020, le taux de mortalité du Covid-19 était estimé entre 0,5% et 1%, comme le relevait la Folha de S.Paulo le 7 juin 2020.
Il faut savoir qu’environ 80% des patients souffrent d’une forme bénigne de la maladie, selon une analyse de l’OMS publiée mi-février 2020. Selon cette même étude, 14% des cas concernaient des formes sévères (pneumonie, difficultés respiratoires) et près de 5% se sont trouvés dans un état critique (ex. choc septique).

3. Principaux symptômes : fièvre surtout mais aussi toux et signes respiratoires (et parfois sans symptômes) 

fièvre résuméAu début, c’est-à-dire après la période d’incubation, les symptômes ressemblent souvent à la grippe  ou à un syndrome grippal (refroidissement) : malaise, fatigue et fièvre (souvent élevée à plus de 38°C). Ces premiers symptômes sont généralement suivis de symptômes respiratoires, typiquement une toux sèche et dans les cas plus graves un souffle court ou des difficultés respiratoires2.
Les premiers symptômes les plus fréquents du Covid-19 sont la fièvre dans 98% des cas, la toux dans 76% des cas et des douleurs ou fatigue dans 44% des cas, selon un article du Wall Street Journal paru le 6 mars 2020.
Des symptômes moins fréquents peuvent apparaître : maux de tête, rarement des douleurs musculaires, des nausées et des diarrhées.
Le rhume et le mal de gorge n’ont été observés que très rarement (ils indiqueraient plutôt un « rhume ordinaire »)3.
Découvrez tous les symptômes du Covid-19 (dans la rubrique Symptômes)

Personnes sans symptômes (asymptomatiques) 
De 6% à 41% des personnes testées positives au Covid-19, c’est-à-dire infectées par le virus, ne présentent aucun symptôme, selon un article du Wall Street Journal datant du 10 juin 2020 citant des données de l’OMS. Comme on peut le voir, la fourchette allant de 6% à 41% est large, la valeur d’environ 25% de personnes sans symptômes (asymptomatique) est parfois avancée par certains médias comme une approximation.
Il n’est pas encore clair début juin 2020, toujours selon l’article du WSJ du 10 juin 2020, si les personnes asymptomatiques peuvent transmettre le virus de façon significative ou rarement.

4. Traitements symptomatiques

Il n’existe pas de traitement spécifique destiné aux personnes atteintes du Covid-19, en tout cas pas officiellement (lire aussi ci-dessous). Le traitement reste surtout symptomatique et la prise en charge sera conditionnée par l’état clinique de chaque patient. Il faut savoir que la maladie peut évoluer chez certains individus comme les personnes âgées ou les personnes qui souffrent de maladies associées comme le diabète, les maladies cardiovasculaires ou l’hypertension. Pour ce qui est de la prévention, il n’existe pas encore à l’heure actuelle de vaccin pour se protéger du coronavirus.

Traitements possibles – Médicaments contre le Covid-19
– Dexaméthasone (résumé de l’effet : efficace – mis à jour le 21.06.2020)
Le dexaméthasone, utilisé en off-label, réduirait la mortalité de 30% chez les malades les plus gravement atteints par le Covid-19, selon les premiers résultats d’une étude anglaise publiée le 16 juin 2020 et réalisée notamment par l’Université d’Oxford dans le cadre de l’étude RECOVERY (le lien fonctionnait le 16 juin 2020). Dans l’étude RECOVERY, les scientifiques étudient la pertinence de divers médicaments déjà approuvés comme remède contre le Covid-19. Plus de 11’500 patients de plus de 175 hôpitaux du Royaume-Uni auraient participé à l’étude. La partie de l’étude consacrée au dexaméthasone a inclus un total de 2104 patients qui ont reçu 6 mg de dexaméthasone une fois par jour pendant dix jours. 4321 patients ont servi de groupe témoin. La mortalité après 28 jours était la plus élevée parmi les patients sous respiration artificielle. Il était de 41% sans traitement à la dexaméthasone. Dans le groupe expérimental (avec dexaméthasone), il a diminué d’un tiers. Chez les patients qui ont reçu de l’oxygène mais qui n’ont pas été ventilés artificiellement, il a chuté d’un cinquième. Le traitement n’a eu aucun effet sur les patients qui n’avaient pas du tout besoin d’oxygène.
Remdesivir (résumé de l’effet : efficace dans certains cas notamment pour réduire la durée d’hospitalisation, d’autres études nécessaires – mis à jour le 21.06.2020)
La molécule remdesivir, un médicament antiviral, est utilisé actuellement en Chine et dans d’autres pays dans des essais cliniques contre le Covid-19. Ce médicament possède un large spectre d’activité et est efficace contre divers coronavirus et les virus Ebola, entre autres. Le remdesivir est un promédicament d’un principe actif qui est métabolisé dans l’organisme en triphosphate et qui inhibe la synthèse de l’ARN viral en bloquant l’ARN polymérase dépendante à l’ARN et par conséquent la réplication virale4. Le médicament est administré sous forme de perfusion intraveineuse. Il est commercialisé par le laboratoire pharmaceutique américain Gilead Sciences qui a développé la molécule pour l’épidémie d’Ebola survenue en Afrique de l’ouest en 2014.  La Food and Drug Administration (FDA) américaine a délivré le vendredi 1er mai 2020 une autorisation d’urgence (en anglais emergency approval) pour le médicament antiviral remdesivir en tant que traitement pour les patients atteints de Covid-19, comme le relevait notamment le New York Times le 1er mai 2020. Le remdesivir est disponible dans les hôpitaux américains pour les cas sévères de la maladie. Selon le Wall Street Journal du 2 mai 2020, 1,5 millions de doses ont été données gratuitement par Gilead (le fabriquant) aux hôpitaux américains.
Etude publiée en partie le 29 avril 2020
Le 29 avril 2020, Trump et son équipe de conseillers scientifiques ont mentionné une étude sérieuse (double-aveugle, etc) concernant le remdesivir diminuant la durée des symptômes graves chez des personnes hospitalisées de 15 jours à 11 jours, il y aurait aussi une diminution de la mortalité (mais l’étude n’a pas été construite pour cela), comme l’a informé CNN le 29 avril 2020. Autrement dit, le temps de récupération diminue de 4 jours. Pour être précis c’est le Dr Anthony Fauci, médecin immunologiste de référence mondiale et conseiller de Trump, qui a annoncé cette nouvelle positive. Il compare même le remdesivir à l’arrivée de l’AZT contre le VIH il y a 34 ans. Selon le Dr Fauci c’est la preuve qu’un médicament peut contenir ou agir sur le virus. Le 29 avril 2020, l’étude n’avait toutefois pas encore été publiée dans une revue scientifique de référence. Au total 1063 patients ont participé à cette étude et plusieurs équipes de chercheurs à travers le monde (Etats-Unis, Europe et Asie). L’essai a duré du 21 février au 19 avril 2020. Un autre résultat intéressant en plus de diminuer le temps de récupération à l’hôpital de 15 jours à 11 jours est la diminution du taux de mortalité, 8% des patients qui ont pris le médicament sont morts contre 11,6% qui ont pris un placebo.

Hydroxychloroquine (résumé de l’effet : inexistant autant en prévention qu’en traitement, selon les dernières études publiées – mis à jour le 04.06.2020)
Pour certains scientifiques et même politiciens l’hydroxychloroquine (un dérivé de la chloroquine, utilisé contre le paludisme) pourrait avoir un effet positif chez des patients atteints de Covid-19, cette molécule semble abaisser la charge virale5. Plusieurs études cliniques sont toujours en cours en juin 2020.
Le 31 mars 2020 au soir, sur France Info, le médecin et ancien ministre de la santé français Philippe Douste-Blazy avait expliqué qu’une étude publiée en Chine le 31 mars 2020 avait montré l’efficacité de l’hydroxychloroquine chez des patients graves atteints du Covid-19, la prise doit toutefois être effectuée le plus tôt possible après l’apparition des premiers symptômes, attention à ne jamais prendre ce médicament potentiellement dangereux pour le coeur à cause d’éventuels risques d’arythmies en automédication. Seulement un médecin peut prescrire l’hydroxychloroquine.
Mais plusieurs études sont aussi critiques contre cette molécule, par exemple une étude publiée au Brésil le 7 avril 2020 utilisant l’hydroxychloroquine et portant sur 80 patients n’avait pas montré un effet statistiquement positif de l’hydroxychloroquine, comme le relève le principal d’information du Brésil Uol.com.br (rattaché à la Folha de S. Paulo).
Selon le Dr Derek Lowe, une référence scientifique aux Etats-Unis, trois études publiées à la mi-avril 2020 soit deux en Chine et une en France n’ont pas montré une efficacité ou bénéfice de l’hydroxychloroquine6.
L’hydroxychloroquine en association avec l’azithromycine, un antibiotique, pourrait s’avérer encore plus efficace qu’en prise seule, mais dans ce cas aussi des études cliniques sont en cours, celle du Lancet ci-dessous se montre très défavorable.
Etude publiée dans The Lancet le 22 mai 2020 (attention, étude remise en cause début juin 2020 par The Lancet, fait plutôt rare)
L’hydroxychloroquine (ou la chloroquine) a été jugée inefficace pour traiter des patients hospitalités du Covid-19. Ces deux molécules augmentent même le risque de décès et d’arythmie cardiaque. Cette vaste étude portant sur environ 15’000 malades du Covid-19 a été publiée le 22 mai 2020 dans la  prestigieuse revue scientifique The Lancet (DOI : 10.1016/S0140-6736(20)31180-6). Les chercheurs estiment qu’ils n’ont pas été en mesure de confirmer un bénéfice de l’hydroxychloroquine ou de la chloroquine, lorsqu’elles sont utilisées seules ou avec un antibiotique de la famille des macrolides comme l’azithromycine, sur des patients hospitalités du Covid-19. Chacun des schémas thérapeutiques, par exemple hydroxychloroquine seule, chloroquine seule ou en association avec un antibiotique, a été associé à une diminution de la survie à l’hôpital et à une augmentation de la fréquence des arythmies ventriculaires quand utilisés contre le Covid-19. Les résultats de cette étude mènent logiquement à déconseiller l’utilisation de l’hydroxychloroquine ou la chloroquine en thérapie, c’est-à-dire lorsque les patients présentent des symptômes du Covid-19.
Etude pour une prise en prévention (prophylaxie) 
Une étude américaine publiée le 3 juin 2020 est arrivée à la conclusion que l’hydroxychloroquine – un médicament développé à l’origine contre la malaria – ne protège pas les personnes en contact avec celles infectées par le SARS-CoV-2 (le virus à l’origine du Covid-19). Autrement dit, ce médicament ne semble pas avoir d’effet préventif en tout cas chez des personnes jeunes et en bonne santé. Les scientifiques ont publié leur étude le 3 juin 2020 dans le journal The New England Journal of Medicine (DOI : 10.1056/NEJMoa2016638).
Ivermectine (résumé de l’effet : trop peu d’études pour y voir clair – mis à jour le 30.04.2020)
L’ivermectine en usage interne (ex. comprimé), un médicament indiqué en France notamment contre la gale, pourrait être efficace lors de Covid-19. In vitro l’ivermectine abaisse de façon très significative la quantité de virus. Des études sont en court pour évaluer l’intérêt d’utiliser de l’ivermectine chez des patients atteints de Covid-197. En Suisse, il n’existait en avril 2020 aucune préparation sur le marché en usage interne (ex. comprimé) en vente à usage humain (non vétérinaire) à base d’ivermectine.
– Le lopinavir et le ritonavir, ces médicaments ont été utilisé pour l’infection par le Covid-19. Pour le moment (fin avril 2020), il n’est pas approuvé contre le Covid-19.
– La méfloquine (Lariam®, médicaments génériques). Comme le relève le site suisse Pharmawiki.ch le 30 mars 2020, l’antipaludique méfloquine (Lariam®, médicaments génériques) est utilisé en Russie pour le traitement du Covid-19 comme le relève certains médias. La méfloquine n’est pas un médicament sans effets secondaires, en effet il a une longue demi-vie et peut provoquer des troubles centraux et psychiatriques.
– Dans un article du journal italien La Repubblica, publié le 28 mars 2020, la vitamine D pourrait jouer un rôle favorable en cas de Covid-19 notamment chez les patients à risque de complications. La vitamine D est considérée davantage comme une hormone qu’une vitamine par la communauté scientifique, il est encore trop tôt pour savoir si la vitamine D joue un rôle favorable ou non en cas de Covid-19, car aucune étude clinique n’a pour le moment été publiée.
Une autre étude publiée en mai 2020 (plus d’informations ici) montre un lien important, même si pas forcément causal, entre un taux moyen bas de vitamine D comme en Espagne ou Italie et un taux de mortalité élevé du Covid-19.
– Le tabac avec la nicotine ou d’autres substances de la fumée de cigarette pourraient diminuer les cas graves de Covid-19. En effet, à Paris à l’hôpital Pitié-Salpêtrière entre le 28 février et le 9 avril 2020 seulement 5% des 482 patients hospitalisés pour Covid-19 étaient des fumeurs. On sait qu’environ 25% des Français fument. Des études sont donc en cours pour mieux connaître les éventuels effets protecteurs de la fumée de tabac ou de la nicotine. Ces effets protecteurs pourraient notamment agir sur la diminution de la tempête de cytokine (lire sous Symptômes ci-dessus) ou la nicotine pourrait se lier au récepteur ACE2 (voir infographie ci-dessus)8.
– Le tocilizumab, un anticorps monoclonal, pourrait diminuer la quantité de cytokines lors d’une réaction inflammatoire excessive. Une étude publiée dans le European Journal of Internal Medicine publiée en mai 2020, comme le relève le Wall Street Journal le 7 juin 2020, a découvert que 2 patients sur 62 recevant du tocilizumab sont morts contre 11 sur 23 morts dans un groupe ne recevant pas ce médicament mais avec des caractéristiques similaires. D’autres études sont encore nécessaire pour confirmer ou infirmer ces résultats, toujours selon le WSJ du 7 juin 2020.

5. Masques, hygiène et lavage des mains conseillés

Le port du masque, même un simple masque en tissu, est conseillé pour l’ensemble de la population dans des espaces publics très fréquentés, comme le relevait The Economist dans son édition du 30 mai 2020. Le port du masque généralisé aiderait à diminuer la diffusion du virus, car il est possible que les personnes sans symptômes (asymptomatiques) puissent diffuser le virus tout comme des personnes qui n’ont pas encore développé les premiers symptômes (dans le temps d’incubation du virus).
L’Allemagne a annoncé le 23 avril 2020 une généralisation du port du masque dans les transports publics et magasins, une mesure pour sortir du confinement. Dans le métro parisien, à la différence du métro londonien, le port du masque était obligatoire à la fin mai 2020, selon un article du magazine de référence The Economist.
Masques FFP2
Les masques FFP2 (ou FFP3) avec un très haut niveau de filtration sont les plus efficaces dans la prévention de la transmission du coronavirus Covid-19. Aux Etats-Unis, les masques FFP2 ou FFP3 sont appelés N95 (davantage d’informations ci-dessous). FFP signifie “filtering face piece”, il s’agit d’un standard de l’Union Européenne (EN standard 149:2001).
Pour être précis, un masque N95 signifie qu’il est capable d’enlever 95% de toutes les particules qui ont un diamètre de 0,3 microns ou plus. Un masque FFP1 enlève 80% des particules qui ont un diamètre de 0,3 microns ou plus, un FFP2 enlève 94%, un FFP3 enlève 99% et un N100 99.97%9.
Ces masques chirurgicaux (ex. FFP2 ou 3) deviennent humides après environ 8 heures et doivent alors être changés10.
En plus du port du masques, les principales autres précautions préconisées par l’OMS sont une bonne pratique d’hygiène corporelle, un lavage régulier des mains qui semble particulièrement efficace, la bonne cuisson des aliments, notamment les œufs et la viande et l’évitement de tout contact avec une personne malade ou des animaux suspects.
Lire aussi des conseils pour bien se laver les mains

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6. Le froid, un facteur possible de développement du virus (question et réponse complexe)

Le coronavirus est un virus qui ne survit théoriquement pas à la chaleur élevée. C’est pour cette raison qu’il est recommandé de bien cuire les aliments. Le soleil (par les UV) et la chaleur pourraient ainsi aider à ralentir la propagation de la maladie qui comme de nombreux virus comme la rougeole ou la grippe se développent plus rapidement dans un environnement froid et humide. Il est toutefois difficile de savoir si la pandémie de Covid-19 va reculer par exemple en Europe avec l’arrivée du printemps et surtout de l’été. C’est possible mais pas sûr et la question reste donc encore ouverte11.
Le docteur chinois Zhong Nanshan, un haut responsable de la santé dans son pays, expliquait dans un communiqué de presse tenu le 12 mars 2020 qu’en été (dès juin dans l’hémisphère nord) avec des températures relativement élevées, le virus est relativement moins actif. Le Dr Nanshan est le directeur du National Clinical Research Center for Respiratory Disease chinois, comme le relève CNN.com.
Mais CNN (lire article ici) estimait dans un article le 9 avril 2020 qu’il ne faut pas vraiment compter sur l’arrivée des beaux jours en Europe ou Etats-Unis pour voir une diminution de la pandémie ou épidémie. On sait par exemple qu’il y a beaucoup de cas de Covid-19 à Manaus au coeur de l’Amazonie avec des températures quotidiennes de 30 degrés ou plus, comme le relevait la Folha de S.Paulo le 22 avril 2020. Néanmoins par rapport au nombre d’habitants, si on compare les Etats-Unis et le Brésil, on peut constater beaucoup plus de morts aux Etats-Unis (plus de 50’000 fin avril 2020) qu’au Brésil (plus de 4000 fin avril 2020) pour une population américaine de seulement 1 tiers supérieure au Brésil. Cela dit, d’autres facteurs pourraient aussi essayer de justifier pourquoi les Etats-Unis sont beaucoup plus touchés que le Brésil à la fin avril 2020, une raison est peut-être la bien plus grande globalisation des Etats-Unis (nombreux vols internationaux venant notamment d’Europe et d’Asie, bien plus qu’au Brésil).
Lire aussi : La Covid-19 pourrait être une maladie saisonnière

7. Pandémie ou épidémie ?

Dès le 11 mars 2020, la maladie Covid-19 était désormais considérée et de façon évidente par l’OMS comme une pandémie. Le terme pandémie est composé des mots grecs anciens “pan” pour “tout” et “demos” pour “peuple”. Contrairement à une épidémie, une pandémie ne se limite donc pas à un endroit précis, mais se propage à travers les pays et les continents. L’OMS définit une pandémie comme une situation dans laquelle l’ensemble de la population mondiale est potentiellement exposée à un agent pathogène et “une partie de celle-ci tombe potentiellement malade”, comme l’explique le directeur des urgences de l’OMS, Michael Ryan. Cependant, le terme de pandémie ne nous dit pas à quel point la maladie est contagieuse ou mortelle.

8. Le diagnostic, comment se passe-t-il ?

Tout d’abord, un médecin prélève un échantillon des voies respiratoires d’un patient – soit un frottis, soit un crachat de mucus. Cet échantillon est préparé puis envoyé en laboratoire où des spécialistes recherchent le matériel génétique du virus à l’aide d’un test appelé PCR (ou RT-PCR). Pour simplifier, une section spécifique du génome du virus est copiée des millions de fois grâce à la PCR. Les copies sont marquées en couleur avec une sonde. Ce marquage en couleur peut ensuite être rendu visible avec des équipements complexes. Si des signaux de couleur correspondants sont présents, l’échantillon est un “échantillon positif”. Dans des conditions idéales, un tel test dure de 3 à 5 heures dans un laboratoire spécialisé.
Plus d’informations sur les méthodes de diagnostic dans notre dossier complet sur le Covid-19 (sous la rubrique Diagnostic)

Le test sérologique permet d’identifier les anticorps. Cette méthode détecte par une prise de sang des anticorps endogènes (du propre corps) contre le SRAS-CoV-2, par exemple par la détection d’IgG ou d’IgM dans le sang (sérodiagnostic). On parle aussi de test sérologique. Il existe des tests rapides, qui peuvent être effectués en 15 minutes environ en laboratoire. Lorsque le corps se bat contre un agent pathogène (ex. virus), le système immunitaire produit des anticorps qui sont des protéines qui se lient spécifiquement aux antigènes à la surface des agents pathogènes (ex. virus).

Lire aussi notre dossier complet et actualisé sur le coronavirus Covid-19 de Creapharma et des questions fréquentes sur le Covid-19Quiz sur le Covid-19

8 informations à savoir sur le coronavirus

Références & Sources (voir aussi les références de bas de page ci-dessous) :
OMS, Institut Pasteur, Keystone-ATS, France 24, CNN.com, The Wall Street Journal (plusieurs éditions), New England Journal of Medicine, Folha de S.Paulo.

Personnes responsables et impliquées dans l’écriture de ce dossier :
Xavier Gruffat (Pharmacien et Rédacteur en chef de Creapharma), Seheno Harinjato (Rédactrice chez Creapharma.ch, responsable des infographies).

Date de dernière mise à jour de l’article :
21.06.2020

Crédits photos :
Creapharma.ch, Adobe Stock, © 2020 Pixabay

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Notes de bas de page et références :

  1. Site de la Mayo Clinic, consulté le 09 mars 2020
  2. Site Internet de l’Office Fédéral de la Santé (OFSP) suisse – le lien marchait le 30 janvier 2020, consulté le 30 janvier 2020
  3. Site Internet de l’Office Fédéral de la Santé (OFSP) suisse – le lien marchait le 30 janvier 2020, consulté le 30 janvier 2020
  4. Pharmawiki.ch, consulté le 8 février 2020, Folha de S.Paulo, édition d’avril 2020
  5. Journal allemand Handesblatt, interview avec le PDG de Bayer, journal papier du 2 avril 2020
  6. Folha de S.Paulo, journal imprimé du 20.04.2020
  7. Le Figaro, article paru le 27 avril 2020 – Dossier complet sur le Covid-19 du site Pharmawiki.ch
  8. The Economist, édition du 2 mai 2020
  9. Site internet Fast Life Hack, consulté le 28 février 2020
  10. Pharmavista.net, site consulté le 28 janvier 2020
  11. Folha de S.Paulo, 29 février 2020
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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 21.06.2020