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12 plantes médicinales avec un effet scientifiquement prouvé (ou en partie)

Il existe des centaines de plantes qualifiées de médicinales avec une certaine base scientifique, sur Creapharma.ch nous en avons publié actuellement un peu plus de 270. A travers le monde on compte probablement des milliers de plantes médicinales provenant de la médecine populaire ou traditionnelle (lire aussi : Plantes médicinales autour du monde). Pour différentes raisons, notamment par manque d’argent et de temps, peu d’études scientifiques et notamment cliniques ont véritablement réussi à prouver, ou non, l’efficacité de toutes ces plantes.

Dans ce long article, Creapharma.ch a sélectionné 12 plantes médicinales importantes en phytothérapie avec un effet prouvé par une ou plusieurs études scientifiques, notamment des études cliniques. Remarquons qu’il s’agit de la situation en décembre 2016, il se peut que de nouvelles études soient publiées pour confirmer ou infirmer certains effets. Cet article va évoluer avec de nouvelles plantes médicinales prises en compte et une actualisation en fonction des derniers travaux de recherche.

1. Menthe poivrée (Mentha x piperita)
Indication principale : syndrome du côlon irritable (SCI)

En cas de SCI, syndrome caractérisé notamment par des périodes de diarrhée et de constipation, la menthe poivrée agit comme antispasmodique et permet de soulager la douleur. Cette plante est reconnue pour son efficacité pour soigner ou en tout cas diminuer les symptômes du SCI.

menthe poivrée phytothérapie mal de ventre

Il s’agit en fait surtout de l’huile essentielle de menthe poivrée qui agit lors du syndrome du côlon irritable. Remarquons néanmoins que certaines études se sont montrées plus critiques par rapport à son efficacité.

Au niveau cellulaire et physiologique l’huile essentielle de menthe poivrée agit comme antispasmodique en bloquant en particulier les canaux de calcium au niveau cellulaire, il s’en suit une relaxation des muscles lisses dans le système gastro-intestinal.

Sous quelle forme ?
En tisane, huile essentielle et surtout gélule. Il est conseillé de consommer 1 à 2 gélules de menthe poivrée (contenant 0,2 ml d’huile essentielle de menthe poivrée) par jour. Il est préférable de consommer des gélules ou capsules à enrobage entérique, car cette protection évite une diffusion dans l’estomac pouvant provoquer des brûlures d’estomac.

2. Millepertuis (Hypericum perforatum)
Indication principale : dépression (nerveuse)

dépression millepertuis

Etudes
En 2009, des chercheurs ont passé au crible 29 études cliniques et ont conclu que le millepertuis était plus efficace qu’un placebo en cas de dépression légère à modérée et autant efficace que les antidépresseurs classiques (chimiques) mais avec moins d’effets secondaires.
L’avantage du millepertuis, mis à part le risque d’interactions avec d’autres médicaments, semble être de provoquer moins d’effets secondaires (par rapport aux antidépresseurs chimiques). Toutefois, une étude australienne publiée en juillet 2015 a remis en cause cette vision. Selon des chercheurs de l’Université d’Adélaïde, en Australie, le millepertuis mènerait à autant d’effets secondaires que la fluoxétine, un antidépresseur d’origine chimique très utilisé.

Sous quelle forme ?
En gélule ou comprimé.

3. Gingembre (Zingiber officinalis)
Indication principale : nausées et vomissements

Etudes
– Une étude américaine du National Cancer Institute, rapportée par le National Geographic, a découvert que les patients prenant 0,5 à 1 gr de gingembre pendant 3 jours avant et après une chimiothérapie en association avec des médicaments contre la nausée présentaient une diminution du risque de nausée de 40%.
– Selon une étude clinique publiée en 1982 dans la revue The Lancet (appelée en anglais : Motion sickness, ginger, and psychophysics), la prise orale de poudre de rhizome de gingembre (940 mg) était plus efficace que le dimenhydrinate (100 mg), un antiémétique, dans la prévention des symptômes gastro-intestinaux de la cinétose. Les résultats de cette étude publiée en 1982 suggèrent que le gingembre n’agit pas au niveau du centre de vomissement, mais fait effet directement sur le tractus gastro-intestinal grâce à ses propriétés aromatiques, carminatives et absorbantes, grâce à l’augmentation de la motilité gastrique et l’absorption de toxines et acides.

Sous quelle forme ?
Tisane, teinture, gélule, comprimé.

4. Café (Coffea arabica)
Indication principale : performances cognitives et notamment la prévention de la maladie d’Alzheimer

Etudes
Plusieurs études ont montré qu’une consommation régulière de café permettait de diminuer le risque d’Alzheimer de façon significative.
Une étude de 2016, rapportée par l’organisation sans but lucratif Scientific Information on Coffee (ISIC) spécialisée sur le lien entre la santé et le café, a montré qu’une consommation modérée de café permettait de réduire le risque d’Alzheimer jusqu’à 27%.
Boire davantage de café pourrait prévenir le diabète de type 2Une autre étude d’origine finlandaise avait montré que boire régulièrement du café, dans cette étude entre 3 et 5 cafés par jour, abaissait le risque de souffrir d’Alzheimer de 65%. Pour profiter des effets protecteurs du café, cette étude a montré qu’il fallait en boire tous les jours depuis l’âge de 30 ou 40 ans ou avant.
Il faut savoir que le café peut protéger également de l’AVC, une autre maladie grave pouvant toucher le cerveau.
Effet sur la maladie d’Alzheimer
Les mécanismes d’action précis du café dans la prévention de la maladie d’Alzheimer ne sont pas connus pour le moment. On estime toutefois que le café agirait comme anti-inflammatoire au niveau du cerveau.
La caféine qu’on retrouve dans le café, souvent à une concentration de 75 à 100 mg par tasse, pourrait être responsable de l’effet préventif de la maladie d’Alzheimer. Une étude réalisée sur des souris par Gary Arendash du Centre de Recherche de la Maladie d’Alzheimer en Floride a montré l’effet protecteur de la caféine dans la prévention du développement de la maladie d’Alzheimer. Les souris qui ont reçu de la caféine avaient aussi moins de plaques bêta-amyloïdes (un signe de la maladie, pas forcément une cause).
Mais il faut savoir que le café contient d’autres substances comme l’acide caféique, un polyphénol avec notamment un effet antioxydant.

Sous quelle forme ?
Il suffit simplement de boire plusieurs cafés chaque jour.

5. Camomille vraie (Matricaria recutita)
Indications principales : anxiété et troubles du sommeil



Etudes

Des études scientifiques ont partiellement prouvé les effets somnifère et calmant de la camomille.

Selon une étude publiée en 2009 dans le Journal of Clinical Psychopharmacology, une activité anxiolytique a notamment été observée  dans un groupe de personnes traitées avec un extrait standardisé de camomille (avec 1,2% d’apigénine), suggérant une possible efficacité dans le traitement de troubles de l’anxiété léger à modéré.

camomille tisaneSous quelle forme ?

Tisane, utilisez si possible 3 sachets par tasse de 200 ml. Afin d’obtenir une concentration plus élevée en principes actifs pour son effet calmant contre les troubles du sommeil, vous pouvez mettre une petite assiette ou un couvercle sur la tasse directement après le début de l’infusion, afin d’éviter que les principes actifs s’évaporent.
Autres formes : gélule, capsules.

6. Poivre de Cayenne (Capsicum annuum)
Indication principale : douleurs rhumatismales (maux de dos notamment)

Piment - Plante médicinale

L’utilisation de pommade à base de poivre de Cayenne, souvent préparée par le pharmacien sur prescription du médecin, peut s’avérer très efficace lors de rhumatisme et en particulier en cas de maux de dos (selon une étude clinique de 2006 réalisée au Canada). Pour préparer une pommade avec du piment, le pharmacien intègre du poivre de Cayenne en poudre ou en huile essentielle à une base pour pommade. Cette plante peut aussi être utilisée sous forme d’emplâtres ou de lotion huileuse.
La capsaïcine, principe actif du poivre de Cayenne qu’on trouve dans le fruit, est responsable de l’effet antidouleur lors de rhumatismes.
La durée conseillée d’un traitement en cas de rhumatismes comme l’arthrite est souvent de 6 à 8 semaines.

Sous quelle forme ?
Crème, pommade, emplâtres, patch.

7. Valériane (Valeriana officinalis)

Indications principales : anxiété et troubles du sommeil

La valériane est reconnue par l’OMS pour ses vertus contre l’anxiété.

Etude
Dans une étude randomisée, contrôlée par placebo, 60 patients souffrant de troubles du sommeil ont reçu 600 mg d’extrait de racine de valériane normalisée comprenant entre 0,4 et 0,6% d’acide valérianique et 61 patients ont reçu un placebo une heure avant de dormir pendant 28 nuits consécutives. Parmi les patients qui ont reçu la valériane, 66% ont présent des effets thérapeutiques positifs ou très positif à la fin du traitement, en comparaison avec 29% de résultats positifs dans le groupe placebo. Cette étude a été mentionnée dans l’étude PDR Valeriana officinalis L. Phisicians Desk Reference For Herbal Medicines publiée dans la 2ème édition du Medical Economics en 2000.

Le bon conseil
Il faut savoir que la valériane n’a pas exactement la même rapidité d’effet ou d’action que les somnifères d’origine chimique, c’est-à-dire que l’effet somnifère de la valériane “met un certain temps pour agir”. Certaines sources, comme le National Geographic, estiment qu’il faut effectuer une cure d’au moins 2 semaines pour profiter des effets calmants et somnifères de la valériane.

Sous quelle forme ?
Tisane, gélule, comprimé

8. Grande camomille (Tanacetum parthenium)
Indication principale : migraine

tisane de camomille contre le cancer

La grande camomille (feverfew) appartient aux plantes les plus importantes de la phytothérapie par rapport à son efficacité. La grande camomille semble présenter un effet favorable pour soigner la migraine, une des maladies les plus problématiques et douloureuses de notre époque, notamment car il existe actuellement peu de traitements efficaces.

Sous quelle forme ?
Préparations standardisées de préférence sous forme de gélule ou comprimé

9. Souci des jardins ou calendula (Calendula officinalis)

Indication principale : petites plaies et blessures, lésions de la peau

Etudes
Selon une étude publiée en 1996 dans la revue scientifique Phytomedicine, le souci des jardins sous forme d’extrait de fleurs est capable d’augmenter la revascularisation, un effet qui peut contribuer à la cicatrisation. Le nombre de microvaisseaux observés dans des membranes chorioallantoïque de poules traitées avec un extrait aqueux contenant 3% de fleurs de souci des jardins était significativement supérieur par rapport au groupe contrôle. Cet effet a été associé au dépôt d’acide hyaluronique, observé dans les membranes traitées, mais pas dans le groupe contrôle.

Sous quelle forme ?
Teinture, gel, crème

10. Arbre à thé (Melaleuca alternifolia)

Indication principale : acné

Huile essentielle d'arbre à thé (tea tree)Etude
L’arbre à thé aurait une efficacité similaire en cas d’acné que le peroxyde de benzoyle (une molécule très utilisée lors d’acné) et avec moins d’effets secondaires, car on sait que le peroxyde de benzoyle a une tendance à décolorer les tissus (habits, serviettes) et peut parfois s’avérer être irritant.
L’huile essentielle d’arbre à thé peut alors être un très bon traitement en cas d’acné légère à moyenne. Si vous adoptez une crème avec de l’arbre à thé, privilégiez des crèmes à base d’huile essentielle d’arbre à thé dont la concentration varie entre 5 et 15%. Ne pas utiliser l’arbre à thé en cas d’acné rosacée, car cela pourrait aggraver les symptômes.

Sous quelle forme ?
A base d’huile essentielle par exemple en gel ou crème.

11. Aloé vera ou aloès (Aloe vera L.).

Indications principales : brûlures, coups de soleil

aloé Mexique

Cette plante est surtout utilisée lors de brûlures peu répandues du 1er ou 2ème degré ainsi que lors de coups de soleil et de petites plaies ou blessures. L’aloe vera présente notamment des effets cicatrisant et calmant.

Etudes
Traitement des plaies et blessures
Des investigations cliniques sur l’aloès remontant à 1994 ont montré que le gel d’aloe vera permettait d’accélérer le processus de guérison au niveau de plaies et blessures. Cette étude a été publiée en 1994 dans la revue spécialisée Journal of the American Pediatric Medical Association.
L’action reposerait notamment sur une stimulation des macrophages et fibroblastes, ce qui favoriserait la réparation des tissus endommagés.

Inflammations
D’autres études ont montré une action anti-inflammatoire de l’aloe vera autant dans des études in vitro qu’in vivo (sur des organismes vivants).

Brûlures
Selon une étude publiée en 1995 dans le journal spécialisé Journal of The Medical Association of Thailand, 27 patients souffrant d’une forme de brûlures (en anglais : partialthickness burns) ont été traités avec un gel d’aloé. Il s’agissait d’une étude contrôlée avec placebo. La durée du traitement dans le groupe aloé était de 11,8 jours (jusqu’à guérison) contre 18,2 jours dans le groupe de patients qui a reçu un traitement par gaze de vaseline, une différence considérée comme statistiquement significative.

Sous quelle forme ?
Gel ou pommade. L’OMS recommande surtout en gel, avec une concentration comprise entre 10% et 70% de gel frais. Il faut savoir que le gel est visqueux et transparent.
Posologie possible : Appliquer 1 à 3 fois par jour sur la zone touchée (ex. brûlures, plaies, coup de soleil).

12. Cimicifuga. Cimicifuga racemosa (L.) ou Actaea racemosa (L.)

Indication principales : bouffées de chaleur à la ménopause

Etude
Une étude publiée le 21 juin 2016 dans la revue spécialisée JAMA a montré que l’utilisation de plantes médicinales comme le cimicifuga mais également le soja, le trèfle rouge, certaines plantes de la médecine traditionnelle chinoise et des molécules provenant de plantes comme les isoflavones qui sont des phytoestrogènes étaient associées à une modeste diminution dans la fréquence des bouffées de chaleur et de la sécheresse vaginale chez les femmes ménopausées. Par contre, l’effet de ces plantes ou remèdes naturels sur les sueurs nocturnes étaient non significatifs, selon les chercheurs.
Ce travail de recherche réalisé notamment par l’Erasmus University Medical Center à Rotterdam (Pays Bas) a analysé plus de 60 études publiées à ce sujet, totalisant plus de 6’000 femmes.

Sous quelle forme ?
En comprimé ou gélule.

Article mis à jour le 22 juin 2017. Dossier écrit par Xavier Gruffat (Pharmacien Dipl. EPF Zurich, Dipl. MBA). Sources : OMS, ANVISA (Memento Fitoterapico, 1ère édition, 2016), références études également mises pour certaines directement dans le texte. Crédits photos : Creapharma.ch, Fotolia.com. Infographie : Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch)

Références (certaines études sont directement citées dans les textes ci-dessus) :

Etude sur la menthe poivrée : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26319955

Etude sur l’aloé et les plaies (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/8169808), aloé et les brûlures https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/7561562

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Informations sur la rédaction de cet article et la date de la dernière modification: 17.09.2018