Goutte

Résumé sur la goutte

goutte résuméLa goutte est une maladie rhumatologique qui touche en général les articulations, le plus souvent l’articulation de la base du grand orteil dans 75% des cas. Cette affection, souvent chronique, se caractérise par une inflammation intense de l’articulation qui engendre souvent une très forte douleur, on parle de crise de goutte ou au Canada d’attaque de goutte. La goutte est une forme d’arthrite. Les douleurs engendrées par cette maladie sont souvent atroces.
La cause principale de la crise de goutte est le taux élevé d’acide urique dans le sang (au-dessus de 7,0 mg/dL, certaines sources parlent aussi de 6,8 mg/dL). Cette molécule circule dans le sang et s’accumule ensuite dans les articulations sous forme de cristaux, ces derniers provoquent une réaction inflammatoire et une douleur intense.

La goutte est plus fréquente chez les hommes, en particulier ceux âgés de plus de 40 ans, mais peut aussi toucher des femmes surtout après la ménopause (celle-ci survient en moyenne à 51 ans). Il s’agit en fait souvent d’une maladie chronique, car une personne qui arrête la prise de médicaments et/ou d’un régime adapté (pas d’alcool, pas de viande par ex.) verra souvent les crises de goutte réapparaître.

Ces dernières années, on a observé une augmentation importante du nombre de cas aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, en partie à cause de la malbouffe provoquant de l’obésité et du diabète (voir sous causes pour le lien entre diabète et goutte). Dans d’autres pays du monde on a aussi noté une forte augmentation du nombre de cas. Le vieillissement de la population dans les pays industrialisés explique aussi une hausse de la prévalence de cette maladie.

D’autres facteurs peuvent expliquer cette augmentation des cas comme la prise de médicaments antihypertenseurs (ceux-ci peuvent favoriser la goutte en augmentant le taux d’acide urique).

Le taux élevé d’acide urique dans le sang peut être provoqué par des origines génétiques qui favorisent une surproduction de cette molécule.

D’autres raisons sont la consommation excessive de viande ou de fruits de mer, d’alcool ou encore la prise de certains médicaments.

La goutte peut mener à des complications comme des calculs urinaires ou des dépôts de cristaux d’urétates de calcium (tophus) sous la peau.

Pour effectuer un diagnostic exact, le médecin doit effectuer une ponction au niveau de l’articulation. La présence de cristaux d’acide urique confirme la présence de goutte.

Le traitement peut être thérapeutique notamment en cas de crise de goutte avec l’utilisation de médicaments anti-inflammatoires (ibuprofène) ainsi que de la colchicine. On peut utiliser également des traitements préventifs comme l’allopurinol qui prévient les crises. La crise de goutte peut être si douloureuse qu’elle nécessite une hospitalisation.

Certaines plantes médicinales comme les feuilles d’ortie peuvent compléter la thérapie. La consommation de 10 à 12 cerises par jour pendant 2 jours ou plus permet de réduire le risque de crise de goutte de 35%. La prise d’allopurinol et de cerises permet même d’abaisser le risque de crise de goutte de 75%.

Pour conclure ce résumé, le style de vie est très important dans la thérapie de la goutte. Il faudra donc essayer de boire moins d’alcool, manger moins de viande (riche en purines qui se transforment ensuite en acide urique), ne pas boire trop de soda et bien s’hydrater.

Interview avec un médecin sur la goutte
Creapharma a interviewé début 2015 le Dr Alexandre Dumusc, chef de clinique adjoint au Service de rhumatologie de l’Hôpital orthopédique du CHUV à Lausanne (Suisse).
Découvrez cet interview

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Qui consulter en cas de goutte ou de crise de goutte ?

MEDECINE GENERALE – SPECIALISTES – HÔPITAL
Son médecin généraliste

Le médecin généraliste (ou de famille) est probablement le mieux amené à soigner la goutte de façon rapide et efficace. En cas de goutte chronique (nombreuses crises de goutte), le généraliste pourra éventuellement orienter le patient vers un rhumatologue.
Son (médecin) rhumatologue
On l’oublie parfois mais la goutte est une maladie rhumatologique. De ce fait le spécialiste par définition de la goutte est justement le rhumatologue. Preuve en est également un site intéressant sur la goutte et surtout la crise de goutte: www.crisedegoutte.fr écrit par plusieurs rhumatologues.


PHARMACIE
Son pharmacien
La goutte n’est pas une maladie qui se soigne en automédication et donc sans ordonnance. Il faudra donc consulter un médecin (lire ci-dessus) mais votre pharmacien peut vous aider à mieux comprendre les médicaments prescrits (ex. la colchicine qui peut provoquer de sérieux effets secondaires), vous informer sur les effets secondaires, les contre-indications, etc.

Le rôle du pharmacien est aussi essentiel pour s’assurer qu’une personne souffrant de la goutte de façon chronique continue à prendre année après année (en général à vie) son traitement préventif, la plupart du temps à base d’allopurinol, pour éviter
des crises (de goutte) et surtout des complications en cas d’absence de traitement. Lire aussi sous traitement goutte et complications de la goutte

Définition de la goutte – Maladie de la goutte

goutte définitionLa goutte est une maladie rhumatologique, inflammatoire et métabolique touchant une (la plupart du temps) ou plusieurs articulations, il s’agit d’une forme d’arthrite. La maladie peut dans certains cas être chronique. Il faut noter que la goutte commence souvent par atteindre le gros orteil et presque toujours une extrémité articulaire comme les doigts de pieds, les genoux, les coudes ou encore les chevilles.

La goutte est provoquée par un dépôt d’acide urique au niveau articulaire qui forme des cristaux d’acide urique très douloureux (une des pires douleurs selon certains patients).

L’acide urique est un métabolite final (issu de la transformation des purines, qu’on trouve par exemple dans la viande) et est éliminé par les reins. C’est pourquoi on observe parfois la formation de calculs rénaux.

La goutte est une maladie qui évolue par poussées, on parle alors de crise de goutte (attaque de goutte au Canada) lorsque la douleur devient très intense.

Remarquons qu’il est important de bien soigner la goutte avec des médicaments et/ou un changement du style de vie, car des complications rénales ainsi que des déformations articulaires peuvent survenir si cette maladie est mal soignée. Seul un médecin pourra vous prescrire les médicaments adaptés (éviter l’automédication).

Des personnes célèbres ont souffert de goutte comme Isaac Newton ou Léonard de Vinci.

La goutte porte parfois le nom de maladie des rois, car à l’époque ces têtes couronnées faisaient de véritables festins riches en viandes et alcool, deux facteurs de risque important pour la goutte. On sait que le roi Henri VIII d’Angleterre souffrait de cette maladie.

Epidémiologie goutte

La goutte concerne la plupart du temps des hommes (20 fois plus que les femmes, soit dans environ 95% des cas) à partir de la cinquantaine.

Une autre étude a montré que 6 patients (hommes) et 1 patiente (femme) sur 1’000, patients de cabinets de médecine générale au Royaume-Uni, souffraient de la goutte. Dans ce cas le rapport hommes-femmes n’est plus de 20 mais de 6.

Sur ce même sujet, une étude parue en janvier 2014, toujours au Royaume-Uni, a montré que le rapport homme-femmes était de 4 hommes pour 1 femme.

On estime que 1% des hommes de plus de 40 ans souffrent de la maladie de la goutte.

Quand les femmes sont touchées c’est la plupart du temps après la ménopause.

La première crise de goutte apparaît chez les hommes souvent entre 20 et 40 ans.

Chez les enfants la maladie est rare, quand elle touche ce groupe d’âge elle est souvent associée à des problèmes métaboliques bien définis.

– 60’000 Suisses seraient touchés chaque année par la goutte (source: UNIL, année 2006).

– En France, environ 600’000 personnes souffrent de la goutte (source: Haute Autorité de santé, avril 2014).

– Aux Etats-Unis on estime que 4% de la population, soit plus de 12 millions d’Américains sont affectés par cette maladie. Ce nombre est en forte augmentation (environ le double qu’il y a 20 ans). Certaines sources comme Fox News (pour l’année 2013) parlent de 8 millions de personnes souffrant de goutte aux Etats-Unis.

Aux Etats-Unis, on estime que les coûts de santé associés aux patients souffrant de la goutte s’élève à 1 milliard de dollars par année, dont environ 1 tiers provient du traitement des crises de goutte.

– En Europe, on estime qu’environ 14 millions de pesonnes souffrent de la goutte.

– Au Royaume-Uni, la goutte est la maladie articulaire inflammatoire la plus courante, touchant 1,5% de la population (source: revue Rheumatology, octobre 2013, Royaume-Uni).

Dans ce pays on estime qu’une personne sur 40 souffre de goutte (source: Annals of the Rheumatic Disease journal).

Comme la goutte est associée en grande partie au style de vie, on observe suite à la mondialisation et à la malbouffe une augmentation au niveau mondial des cas de goutte. C’est en tout cas une hypothèse souvent avancée.

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Causes de la goutte

La goutte est provoquée par un taux élevé d’acide urique dans le sang (hyperuricémie) au dessus de 7,0 mg/dl qui se dépose ensuite sous forme de cristaux au niveau des articulations. Certaines sources parlent aussi d’une limite de 6,8 mg/dL (0,4 mmol/L) d’acide urique.

De nombreuses personnes ont un taux élevé d’acide urique dans le sang mais ne développent pas la maladie de la goutte. Un taux élevé d’acide urique dans le sang est ainsi une condition nécessaire mais pas suffisante pour justifier l’apparition de la goutte. On ignore encore pourquoi certains développent la maladie de la goutte et d’autres non.

De nombreuses personnes qui souffrent de goutte ont eu pendant des années un taux élevé d’acide urique avant de connaître leur première crise.

L’origine de l’acide urique est multiple. Cette maladie peut provenir de déchets formés par la dégradation des purines au niveau cellulaire selon ce schéma (l’ADN qu’on retrouve dans toutes les cellules mortes se transforme et parfois est déjà sous forme de purines, puis en acide urique et éventuellement en acide urique).

ADN (d’une cellule morte, viande, après un traitement anti-cancéreux, etc) > Purines > Acide urique > Cristaux d’acide urique au niveau des articulations (en cas de crise de goutte).

goutte origine

Photo: acide urique (source: Wikipedia.org)

Cette augmentation de la concentration d’acide urique dans le sang repose sur des mécanismes complexes et qui nécessitent des connaissances de chimie ou de biologie qui ne sont pas appropriées sur ce site de vulgarisation. Mais pour résumer, le taux élevé d’acide urique pourrait reposer sur des déficits de synthèse de certaines enzymes qui transforment les purines de l’ADN.

De plus, une cause plus simple à expliquer est l’incapacité du rein à éliminer l’acide urique. Boire de l’alcool a un effet négatif sur la goutte, car il va diminuer l’élimination rénale de l’acide urique.

Un excès d’aliments contenant des purines (typiquement des protéines qu’on retrouve dans la viande) favorise un taux élevé d’acide urique. On estime que 20% de l’acide urique produit par le corps provient de l’alimentation de façon directe et l’autre partie provient des cellules naturellement mortes de l’organisme.

Relevons aussi que la goutte peut se classifier en goutte primaire ou goutte secondaire.

Goutte primaire

Cause LupusCette forme de goutte n’a pas de causes bien définies, on estime que des facteurs génétiques influencent le taux élevé d’acide urique dans le sang. La goutte primaire est également connue sous le nom de goutte idiopathique.

Goutte secondaire

Dans cette forme, plusieurs facteurs peuvent augmenter le taux d’acide urique dans le sang, cela peut provenir:

– D’une alimentation riche en viande, alcool, etc.

– D’une maladie hémolytique (anémie, etc).

– De tumeurs.

– D’une insuffisance rénale.

– De l’obésité ou un excès de poids, l’obésité augmente d’un facteur de 2 à 3 le risque de goutte.

– De l’utilisation de certains médicaments (aspirine, diurétiques, antihypertenseurs, certains médicaments cytotoxiques utilisés par ex. des maladies hématologiques malignes).

– Des études récentes ont également montré qu’une consommation excessive en soda et jus de fruits industrialisés pouvaient augmenter la probabilité de développer la goutte, y compris chez les femmes. La relation entre une consommation excessive de sucre et l’apparition de la goutte n’est pas encore totalement comprise (probablement l’insuline exercerait un rôle important).

– Le diabète: on sait que des taux élevés d’insuline dans le sang peuvent mener à des taux élevés d’acide urique, il y a donc un lien entre le diabète et la goutte.

– Un lymphome.

– L’hypertension.

– L’excès de cholestérol.

– Apnée du sommeil, une personne souffrant d’apnée du sommeil présenterait un risque 20% plus élevé de souffrir de goutte.

– D’autres causes.

Personnes à risque de la goutte

Les personnes qui peuvent plus facilement développer la goutte:

– Les hommes, en particulier ceux âgés de plus de 50 ans (l’âge et donc le vieillissement de la population est un facteur qui explique en partie l’augmentation des cas de goutte).

–  Les hommes qui aiment bien manger (“bons vivants”), notamment ceux qui font des “festins” riches en viandes et/ou une consommation d’alcool importante. C’est pourquoi on parle parfois de la maladie des rois.

–  Les hommes qui font peu de sport (sédentaires).

–  Les personnes souffrant du syndrome métabolique: hypertension, taux élevé de cholestérol, diabète, etc.

–  Les personnes ayant des cas de goutte dans la famille (composante héréditaire), ils seraient responsables pour 15 à 20% des cas.

–  Les personnes qui font des marathons (donc qui courent beaucoup), le risque serait 5 fois plus élevé que la moyenne de la population.

–  Les femmes après la ménopause, la chute des oestrogènes observée à la ménopause peut favoriser la goutte.

–  Chez les femmes ayant subi une hystérectomie (acte chirurgical qui consiste à enlever tout ou partie de l’utérus), on estime que les oestrogènes peuvent protéger de la goutte et un niveau bas de ces hormones, après avoir enlevé les ovaires peut favoriser la goutte. Lire sous témoignages également.

–  Les personnes obèses, l’obésité augmente d’un facteur de 2 à 3 le risque de souffrir de goutte. On estime de plus en pus que la malbouffe, origine fréquente de l’obésité, pourrait aussi être responsable de l’augmentation du nombre de cas de goutte comme c’est le cas au Royaume-Uni.

–  Les personnes souffrant d’apnée du sommeil.

Symptôme de la goutte – Crise de goutte – Goutte gros orteil

La goutte, caractérisée dans sa phase aiguë par la fameuse crise de goutte, présente les symptômes suivants :

–  la crise de goutte touche en général les articulations, la plupart du temps (dans environ 70% à 75% des cas) cela concerne l’articulation de la base du gros orteil, souvent celle-ci est l’unique articulation concernée par la goutte.

Lors d’une crise de goutte, les cristaux d’acide urique se déposent en premier lieu sur l’articulation de la base du gros orteil, celle-ci étant l’articulation la plus froide et la plus soumise à des microtraumatismes.

En général une seule articulation par crise est touchée.

La goutte peut aussi atteindre d’autres articulations comme celle du pied, du genou, des doigts de la main, du coude, etc. D’autres régions peuvent aussi être atteintes comme les oreilles (on parle dans ce cas plutôt de tophus) ou les reins.

–  la crise de goutte est extrêmement douloureuse et apparaît soudainement. La douleur est souvent si insupportable qu’il devient impossible de poser le pied par terre, de mettre une chaussure ou de se couvrir d’un drap pour dormir. La douleur est aussi si forte qu’une crise de goutte peut vous réveiller en pleine nuit.

L’origine de ces douleurs provient de milliers de cristaux d’acide urique qui agissent comme des éclats de verre à l’intérieur des articulations.

Cette crise survient souvent la nuit ou le soir, période plus froide qui favorise la cristallisation de l’acide urique (causes de la goutte). En décembre 2014, des chercheurs de la Boston University School of Medicine (Etats-Unis) ont découvert dans une étude clinique portant sur plus de 700 personnes que les patients atteints de goutte avaient 2,4 fois plus de risque de souffrir d’une crise la nuit entre minuit et 8h du matin que la journée entre 8h et 16h.

En général la crise commence par des petites douleurs ou des petits désagréments, mais après quelques heures, l’articulation devient complètement enflammée.

Une crise de goutte peut durer plusieurs jours, on compte souvent de 3 à 7 jours (certaines sources parlent de 3 à 10 jours). Même sans traitement, la crise se résorbe en quelques jours et souvent en moins d’une semaine.

–  L’articulation concernée pas la goutte présente les signes classiques de l’inflammation : une peau rouge, douloureuse, chaude et tuméfiée, d’où l’utilisation particulièrement recommandée d’anti-inflammatoires dans le traitement de la goutte (lire médicaments contre la goutte).

–  Les crises de goutte peuvent survenir une seule fois ou se répéter (on parle de goutte chronique), par exemple plusieurs mois ou années après la première crise.

–  La goutte peut aussi provoquer des calculs urinaires.

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Diagnostic de la goutte

goutte diagnosticPour diagnostiquer la goutte le médecin peut observer les symptômes ou signes cliniques de cette maladie. La plupart du temps cela suffit, car les symptômes sont assez clairs.

Le médecin peut aussi effectuer une ponction au niveau du liquide de l’articulation atteinte, la présence de microcristaux d’acide urique confirme la goutte. L’analyse de ces cristaux se fait au microscope en général au cabinet médical. Certains spécialistes estiment que cette analyse des cristaux au microscope et l’unique moyen d’établir un diagnostic correct de la goutte.

En effet, le taux d’acide urique peut également donner des indications sur le diagnostic, mais de faux diagnostics sont possibles.

Le médecin peut aussi effectuer une radiographie, surtout pour exclure un autre diagnostic, comme par exemple la pseudogoutte (aussi appelé chondrocalcinose articulaire), provoquée par le dépôt de pyrophosphate de calcium dans les articulations.

Les radiographies de l’articulation sont utiles en cas de goutte chronique pour rechercher d’éventuels problèmes osseux ou articulaires comme un tophus.

En cas de goutte chronique, le médecin peut aussi vérifier la fonction rénale, pour identifier une éventuelle insuffisance rénale.

Question à notre médecin conseil, le Dr Rafano

Est-ce que la goutte est une maladie facile à diagnostiquer ?

Le diagnostic de la goutte est assez facile en pratique clinique quotidienne, même si un certain nombre de maladies peuvent se manifester par des symptômes similaires. Cette maladie doit être évoquée devant une arthrite mono-articulaire chez les personnes âgées ou présentant une hyperuricémie, notamment s’il existe des facteurs de risque comme la prise régulière de diurétiques, une insuffisance rénale, une obésité, la consommation chronique d’alcool ou d’autres membres de la famille atteints de cette maladie.

Complications de la goutte – Goutte oreille – Tophus

La goutte (et l’accumulation d’acide urique) peut mener, si elle n’est pas bien soignée, à des complications comme :

– Des calculs rénaux.

– Des complications rénales comme l’insuffisance rénale (dans ce cas la perte de la fonction rénale est souvent irréversible). On estime que les personnes souffrant de goutte ont 4 fois plus de risque de mourir de troubles rénaux.

– Des déformations articulaires (actuellement moins souvent, car traitement préventif possible à base d’allopurinol).

– Dépôts de cristaux d’urétates de calcium appelés tophus (tophi au pluriel), il s’agit d’une solide masse (nodule) blanche. La formation des tophi provient de l’accumulation de cristaux d’acide urique dans le sang, ces nodules siègent près de l’articulation atteinte de goutte, comme par exemple sur le gros orteil, les faces postérieures des coudes, le pavillon de l’oreille, etc.

Comme on le voit, les tophi peuvent se déposer sur des tissus mous formant une bosse comme l’oreille et donc pas toujours au niveau de l’articulation.

Une opération permet en général d’enlever ces tophi. Cette opération semble toutefois réservée à des cas avancés, en général l’abaissement du taux d’acide urique permet de résorber ces nodules.

Les tophi peuvent potentiellement détruire les articulations.

–  Risque augmenté d’infarctus du myocarde et d’AVC. Une étude parue en septembre 2013 dans la revue anglaise Rheumatology a montré que les patients souffrant de goutte avaient 2 fois plus de risque de souffrir d’infarctus du myocarde et d’AVC que ceux qui n’avaient pas de goutte.

Lire aussi: Risque de crise cardiaque et d’AVC doublé chez des patients souffrant de goutte

Une autre étude anglaise publiée fin août 2014 a montré que la goutte augmente le risque cardio-vasculaire, cette étude a mis en évidence que les femmes étaient particulièrement à risque.

– Une étude divulguée en juin 2014 au congrès EULAR (European League Against Rheumatism), qui s’est tenu à Paris, a montré que les hommes atteints de goutte souffrent davantage de troubles érectiles. Lire cette étude entier.

Traitements de la goutte – Antigoutteux

Pour soigner la goutte on distingue le traitement de la crise de goutte et le traitement préventif de la goutte :

1. Traitement de la crise de goutte

Pour calmer la très douloureuse crise de goutte, on parle aussi de la phase aiguë de la maladie, le médecin dispose principalement de certains médicaments analgésiques ou anti-inflammatoires comme :

traitement goutte

–  Des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), notamment du diclofénac (par ex. Voltarène®) ou de l’ibuprofène, à prendre en général sous forme de comprimé. Il faut éviter toutefois la prise d’Aspirine® dans le traitement de la goutte, en effet ce médicament pourrait agir sur l’élimination de l’acide urique au niveau rénal et aggraver les symptômes de la maladie.

–  La colchicine (un antigoutteux), action contre l’inflammation causée par les cristaux d’acide urique. Attention la prise de ce médicament doit être bien contrôlée par un médecin ou pharmacien notamment à cause des effets secondaires de la colchicine: nausées, vomissements, diarrhée. Remarquons qu’en Suisse la colchicine n’est pas un médicament de première intention.

–  La cortisone, parfois utilisée pour son action anti-inflammatoire. La prednisone (une forme de cortisone) peut être prescrite par un médecin. Ces médicaments peuvent être utilisés sous forme de comprimés ou directement en injection au niveau de l’articulation douloureuse. En général on utilise les cortisones chez des personnes qui ne peuvent pas utiliser ou ne supportent pas les AINS (diclofénac, ibuprofène, etc).

–  Le canakinumab, un anticorps dirigé contre l’interleukine, utilisé chez certains patients. Il est prescrit notamment lorsque les autres médicaments comme les AINS et la colchicine sont inefficaces ou contre-indiqués.

2. Traitement préventif de la crise de goutte

Tout d’abord il est conseillé de suivre certains conseils qui ont trait au changement du style de vie (diminuer l’alcool, etc.) pour soigner la goutte et limiter des crises futures.

Si le changement du style de vie n’a pas fait effet, il existe pour le médecin la possibilité de prescrire un médicament très efficace pour éviter et limiter des nouvelles crises de goutte. Il s’agit de l’allopurinol (plus d’informations sur ce médicament). En général le médecin instaurera un traitement médicamenteux préventif à base d’allopurinol seulement si le patient a déjà connu plusieurs crises de goutte. On parle aussi de traitement de fond, par opposition au traitement de la crise.

allopurinol traitement goutte

Il faut également savoir que l’allopurinol fait diminuer la concentration d’acide urique dans le sang, ce qui réduit la probabilité d’avoir une crise de goutte. Mais il faudra le prendre régulièrement, car une fois la thérapie arrêtée avec l’allopurinol, le taux d’acide urique remonte et la probabilité d’avoir une crise de goutte augmente également. Il s’agit alors d’un traitement à prendre sur une longue durée pour ne pas dire un traitement à vie.

Il est utile de noter que de nombreuses personnes prennent ce traitement à base d’allopurinol la première année puis par exemple dès la deuxième année ou en tout cas après un certain temps l’arrêtent. C’est dangereux car cela provoque un risque pour la santé du patient (crise de goutte, complications rénales, etc). Il s’agira donc de prendre tous les jours votre médicament, votre pharmacien peut vous aider pour atteindre cet objectif.

goutte traitement préventif

Depuis quelques années (2008, 2010 en France) il existe un autre médicament en vente sur le marché proche de l’allopurinol, il s’agit du febuxostat. Cette molécule agit aussi sur l’enzyme (xanthine oxydase) responsable de la synthèse de l’acide urique. Le febuxostat peut être une alternative intéressante en cas d’effets secondaires de type cutané provoqué par l’allopurinol. Cette molécule provoquerait une diminution du taux d’acide urique plus importante que l’allopurinol. Cette baisse importante et rapide peut toutefois provoquer des crises de goutte au début du traitement, une prise en parallèle de colchicine pourra ainsi être conseillée. Demandez toujours conseil à votre médecin ou pharmacien pour trouver la meilleure molécule et dosage.

La probénécide est un médicament aussi utilisé en prévention et traitement de la goutte. Cette molécule augmente la capacité rénale d’éliminer l’acide urique, on parle aussi de médicament uricosurique. De cette façon la concentration en acide urique dans le sang diminue et réduit le risque de développer cette maladie.

Remarque sur les traitements de la goutte:

On estime qu’une grande partie des personnes souffrant de la goutte, 80% des patients selon certaines sources, ne prennent pas correctement leurs médicaments pour soigner et prévenir les crises de goutte ou ne profitent pas de traitements adaptés. C’est souvent un sérieux problème de santé publique, notamment en Occident (Europe et Amérique du nord).

Phytothérapie pour soigner la goutte – Plantes pour soigner la goutte

Gaultheria Phytothérapie goutteCertaines plantes médicinales, afin de compléter la thérapie classique (par des médicaments), pourraient avoir un effet intéressant pour soigner la goutte et apaiser légèrement ses douleurs.

Découvrez aussi des huiles essentielles pour soigner la goutte.

– les feuilles d’ortie, à prendre en général sous forme de gélule ou tisane ainsi qu’en compresse. L’ortie aurait un effet contre l’acide urique (cristaux responsables de la crise de goutte, voir cause).

– Le bouleau, à prendre en général sous forme de tisane ou en gélule.

– Le cassis, à prendre en général sous forme de gélule.

– Le frêne, à prendre en général sous forme de gélule.

– Le physalis, à consommer sous forme de tisane, décoction, etc.

– Les cerises, consommer 10 à 12 cerises par jour pendant 2 jours ou plus permet de réduire de 35% le risque de crise de goutte selon une étude américaine parue fin 2012. Les cerises sont riches en anthocyanosides et seraient responsables de l’effet favorable sur la goutte. Lire aussi : Le jus de cerise pourrait prévenir la goutte, petite étude

– Le café, des études ont montré que la consommation de café (avec ou sans caféine) réduirait la concentration d’acide urique dans le sang et aurait un effet positif pour soigner la goutte.

A voir aussi: la colchique d’automne, plante riche en colchicine (molécule utilisée en cas de crise de goutte)

Huiles essentielles en cas de goutte

Traitement de la goutte avec des huiles essentielles

La goutte est une maladie rhumatismale. L’accumulation des cristaux d’urate dans les articulations crée une inflammation à ce niveau. Il s’agit, lors de crise de goutte, de calmer cette inflammation.

Une des meilleures huiles essentielles contre l’inflammation est la gaulthérie (Gaultheria procumbens), car cette dernière contient beaucoup de salicylate de méthyle, une substance dont les qualités anti-inflammatoires ne sont plus à démontrer ! Vous reconnaîtrez très facilement son odeur, car le salicylate de méthyle rentre dans la composition de nombreuses crèmes et pommades anti-inflammatoires.

Par voie interne

Sur un comprimé neutre ou une cuillérée à café de miel, déposez 1 goutte d’huile essentielle de gaulthérie. Laisser fondre en bouche. Il est conseillé de prendre ce traitement durant 7 jours, 2 à 3 fois par jour.

Par voie externe

Sur l’articulation douloureuse, appliquez 1 à 2 gouttes de cette huile essentielle et massez doucement. Vous pouvez répéter ce geste durant 7 jours, 2 à 3 fois par jour.

Comme l’huile végétale de millepertuis possède un effet anti-inflammatoire, vous pouvez également diluer l’huile essentielle de gaulthérie dans de l’huile végétale de millepertuis. Ce mélange est à appliquer sur l’articulation douloureuse en massant. Vous pouvez répéter ce geste durant 7 jours 2 à 3 fois par jour. Evitez cependant une exposition au soleil après avoir appliqué ce mélange, car l’huile végétale de millepertuis est photosensibilisante (fait des taches sur la peau).

Attention tout de même lors de l’achat de votre huile essentielle de gaulthérie, vérifiez bien sa provenance, car vendue sur les étagères du premier magasin non spécialisé, vous pouvez tomber sur une huile essentielle de gaulthérie à laquelle, on aura ajouté du salicylate de méthyle synthétique ! Il est donc préférable de l’acheter dans votre magasin spécialisé (pharmacie, droguerie). La mention HEBBD est une garantie de qualité, car vous aurez affaire à une huile essentielle botaniquement et biochimiquement définie !

Remèdes de grand-mère en cas de goutte

Sirop de cerise, tisane de physalis, tisane de bouleau, tisane d’ortie, jus de fraise

Bons conseils & Prévention goutte – Alimentation goutte

Pour prévenir l’apparition de nouvelles crises de goutte, il peut être très utile de changer son style de vie et suivre certains conseils comme :

–  Limitez votre consommation de viande (la viande est riche en purines, les purines se transforment en acide urique, molécule responsable de la goutte) et de fruits de mer.

régime contre l'hypertension

Essayez ainsi de faire un régime riche en fruits et en produits laitiers et pauvre en aliments riches en purines comme la viande, les abats, les légumineuses…

Une étude a montré que les purines d’origine animale (viande, fruits de mer) étaient associées à un risque bien plus élevé de développer une crise de goutte que les purines d’origine végétale (légumineuses comme les haricots, lentilles, pois).
Lire aussi: 10 bons conseils pour une bonne alimentation en cas de goutte

–  Limitez votre consommation d’alcool et en particulier de bière ainsi que de vin rouge. L’alcool comme on l’a vu dans la partie «causes de la goutte» diminue l’élimination par le rein de l’acide urique.

boire beaucoup d'eau en cas de goutte

–  Buvez beaucoup (2 à 3 litres d’eau ou de jus par jour), particulièrement en cas de crise de goutte. N’hésitez pas à boire 500 ml d’eau le matin directement après le réveil. La déshydratation est une cause de la goutte.

–  Contrôlez votre poids, le surpoids favorise la goutte. Essayez donc de perdre du poids avec un régime adapté.

–  Diminuez votre consommation de boissons sucrées comme les sodas ou les jus industriels, des études récentes (2010 et 2013) ont montré une influence négative sur la goutte.

Une variante génétique (appelée SLC2A9) chez certaines personnes expliquerait l’influence des boissons sucrées sur la goutte. En effet selon une étude néo-zélandaise parue en 2013, chez des individus avec cette variante génétique la prise de boissons sucrées augmente la concentration d’acide urique dans le sang, ce qui favorise une crise de goutte.

Lire aussi : Les boissons sucrées favorisent la goutte, cause découverte

Le fructose, qu’on retrouve souvent dans des boissons sucrées, augmente le risque de goutte comme l’a montré une étude réalisée notamment par l’Ecole de Médecine de l’Université de Boston.

–  Faites davantage d’exercice. Le sport a un effet au niveau métabolique qui pourrait améliorer de façon positive la goutte.

–  En cas de crise de goutte, évitez de forcer au niveau des articulations (surtout celles touchées par la goutte). Tout mouvement peut augmenter la douleur, il est donc préférable d’immobiliser l’articulation pour éviter la douleur.

Eviter de donner des coups de pieds, donc ne pas jouer au football, car les articulations remplies de cristaux d’acide urique n’aiment pas les chocs et cela peut amplifier la douleur.

–  Ne pas chauffer ou refroidir au niveau de l’inflammation, car cela pourrait augmenter la douleur de la goutte. Toutefois certains spécialistes comme la Société d’arthrite au Canada estiment qu’il peut être possible de réchauffer et refroidir l’inflammation de façon temporaire pour soulager la douleur. La NHS (l’équivalent de la Sécu au Royaume-Uni) recommande de garder l’articulation touchée par la goutte au froid.

–  La prise de vitamine C peut réduire le niveau d’acide urique dans le sang et donc exercer un effet favorable sur la goutte. Lire aussi : sirop de cerise (riche en vitamine C)

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A lire : 10 bons conseils alimentaires en cas de goutte

Actualité sur la goutte – news sur la goutte

Le jus de cerise concentré pourrait prévenir la goutte

Jus de cerise concentré contre la goutteLONDRES Une nouvelle petite étude a montré que le jus de cerise abaissait la concentration d’acide urique chez des personnes saines et qu’il pourrait être utilisé pour prévenir la goutte. Ce n’est pas la première étude qui relève l’action positive des cerises sur cette maladie rhumatismale très douloureuse, en 2012 Creapharma avait déjà parlé d’une grande étude sur les cerises montrant qu’en consommer 10 à 12 par jour pendant 2 jours diminuait le risque de goutte de 32%. 

L’étude en détail

Cette fois, des chercheurs Britanniques et Sud-Africains ont cherché à mieux connaître l’influence d’un jus de cerise concentré sur la goutte, ou de façon plus indirecte sur le taux d’acide urique.

On sait que les personnes souffrant de goutte présentent un niveau d’acide urique plus important que la moyenne, ces molécules peuvent ensuite coaguler et former des cristaux d’acide urique localisés souvent au niveau des articulations et notamment à la base du gros orteil. Il s’en suit la fameuse crise de goutte et de terribles douleurs.

Cette étude comprenait 12 participants âgés en moyenne de 26 ans, on comptait 1 seule femme. Ils étaient tous volontaires et aucun ne souffrait de goutte.

Chaque participant recevait 30 ml et 60 ml d’un jus de cerise concentré mélangé avec de l’eau puis les scientifiques mesuraient le taux d’acide urique dans le sang à différents intervalles jusqu’à 48h après la prise. Les participants devaient suivre un régime particulier 48h avant l’expérience en évitant notamment de consommer des fruits, légumes, thé, café, alcool, chocolat, céréales, pain complet, graines et épices afin d’éviter des biais, tous ces aliments étant riches en polyphénols et notamment en anthocyane, un composant chimique qu’on retrouve dans la cerise et qui serait justement responsable de l’effet contre la goutte.

Chaque participant devait commencer l’expérience et boire le jus à 9h du matin, précédant une phase de jeune de 10 heures pendant la nuit, puis consommer un jus pendant le repas du soir. Chaque phase de l’étude durait 2 jours, l’objectif étant notamment de mesurer un éventuel effet cumulatif du jus de cerise.

Résultats

Les chercheurs ont observé que 8 heures après la prise du jus de 30 ou de 60 ml le taux d’acide urique dans le sang avait passé d’environ 500microMol/L à environ 300microMol/L. La concentration 24 et 48h après la prise de jus de cerise était remontée à environ 400microMol/L. Les chercheurs n’ont pas réussi à montrer une dose minimale efficace, en l’occurrence les jus de cerise de 30 ou 60 ml ont mené à la même diminution du taux d’acide urique 8 heures après la prise. Il pourrait être intéressant d’effectuer une autre étude avec des quantités de jus de cerise inférieures pour trouver la dose limite inférieure.

L’étude a été publiée dans la revue scientifique spécialisée Journal of Functional Foods.

Critique de cette étude

La médiatisation de ce travail de recherche a principalement eu lieu au Royaume-Uni suite à un article dans le journal britannique très populaire Mail on Sunday titrant que « Boire quotidiennement du jus de cerise concentré pourrait aider des milliers de patients à vaincre la goutte ». La NHS (l’équivalent de la Sécu en Angleterre) a toutefois publié sur son site Internet (nhs.uk) un article assez critique sur ce travail. Il est vrai que le Royaume-Uni est particulièrement touché par la goutte avec 1,5% de la population atteinte, en hausse depuis des années comme Creapharma en a parlé en septembre dans un article.

La NHS ne remet pas en cause l’effet éventuel du jus de cerise pour abaisser le taux d’acide urique mais déplore que l’étude ait porté sur seulement 12 participants et qu’aucun ne souffre de goutte. Selon le système national de santé anglais (NHS), il aurait été préférable d’inclure dans l’étude des participants plus âgés et souffrant de goutte pour pouvoir tirer des conclusions plus scientifiques sur l’effet ou non du jus de cerise dans la prévention de la goutte.

Pour la NHS, cette étude n’est pas assez sérieuse pour en tirer des conclusions scientifiquement fondées.

L’avis de Creapharma

Comme c’est une étude parmi d’autres, cela n’enlève en rien l’effet favorable des cerises validé dans le passé par différentes études dans la prévention de la goutte. L’effet d’un jus de cerise concentré doit néanmoins être confirmé ou infirmé par d’autres études dans le futur. Comme la NHS, nous estimons que cette étude ne satisfait pas aux standards scientifiques de qualité pour en tirer des conclusions satisfaisantes, l’étude portant notamment sur trop peu de participants.

Si vous souffrez de goutte à répétition, il faut continuer à prendre les médicaments prescrits par le médecin comme par exemple l’allopurinol pour prévenir efficacement l’apparition de nouvelles crises de goutte, les cerises semblent un bon complément à la thérapie classique mais ne doivent pas la substituer. En cas de goutte, consultez toujours un médecin, car cette  maladie métabolique peut être liée à des maladies comme l’AVC ou le psoriasis.

Jus de cerise

Le jus de cerise ne serait pas seulement efficace contre la goutte mais aussi pour favoriser une bonne nuit de sommeil. Selon une étude britannique parue en 2012, boire 30 ml d’un jus de cerise concentré avant de dormir avec la variété de cerise Montmorency augmente la durée (de 15 à 25 minutes) et la qualité du sommeil de 5 à 6%. L’effet positif sur le sommeil proviendrait d’une augmentation de 15% de la concentration de mélatonine, une hormone importante dans la régulation du sommeil.

Le 22 octobre 2014. Par Xavier Gruffat (pharmacien). Sources : NHS – Photo jus de cerise (haut): cherry juice © slawek_zelasko – Fotolia

Malbouffe : la goutte et le rachitisme en hausse au Royaume-Uni

LONDRES Le Royaume-Uni est un pays en moyenne riche mais particulièrement touché par d’importantes poches de pauvreté, comme l’informe régulièrement l’OCDE. Malgré une économie dynamique (croissance supérieure à la France), c’est un pays présentant de grandes différences entre les classes sociales.
Au niveau nutritionnel, les conséquences deviennent toujours plus dramatiques comme l’affirment des experts. En effet, et c’est connu dans presque tout l’occident, beaucoup d’aliments bon marché peuvent être considérés comme de la malbouffe, c’est-à-dire trop riches en graisse et sucre mais aussi caractérisés par une carence significative en nutriments essentiels comme les vitamines et fibres. Autrement dit, manger des aliments de qualité coûte cher, toujours plus cher au Royaume-Uni.

Goutte et rachitisme

En plus de l’épidémie d’obésité qui touche massivement le Royaume-Uni, des experts britanniques alertent désormais les autorités politiques pour les sujets de Sa Majesté sur l’augmentation importante des cas de goutte et de rachitisme, une maladie affectant les os et la croissance chez les enfants. John Middleton, vice-président de la Faculté de Public Health (Santé Publique), représentant des médecins et des travailleurs, s’est exprimé dans la presse pour demander des changements dans la politique nationale de nutrition, comme l’introduction de nouveaux impôts sur le sucre, afin de résoudre ces problèmes posés par la malbouffe et la pauvreté.

Extrême malbouffe

Dans un hebdomadaire anglais, The Observer, M. Middleton a affirmé : “La malnutrition, le rachitisme et d’autres manifestations d’une extrême malbouffe sont devenus visibles. Des médecins généralistes relèvent des cas de rachitisme à Manchester, dans l’East End de Londres, à Birmingham et dans les West Midlands. C’est une maladie, dont on pensait qu’elle avait disparu.”

L’association de M. Middleton avait d’ailleurs écrit en mai 2014 une lettre ouverte au Premier Ministre, M. David Cameron, pour informer et mettre en évidence l’augmentation de la malnutrition et de la malbouffe dans la 6ème puissance économique mondiale. Selon ces experts, de plus en plus de Britanniques n’ont plus les moyens de se nourrir correctement avec des aliments de qualité, un nombre important doit aussi se tourner vers les banques alimentaires. Les scientifiques relèvent aussi une augmentation du prix de la nourriture ces 6 dernières années.

Selon les experts, la goutte est en hausse et les explications d’une telle augmentation restent encore peu connues dans le détail, on suppose toutefois que l’obésité et la malbouffe puissent jouer un rôle important. La goutte est une maladie inflammatoire caractérisée par un taux élevé d’acide urique dans le sang et s’avère extrêmement douloureuse pendant les périodes de crise. Cette affection touche souvent la base de l’articulation du gros orteil. En cas de goutte chronique, le traitement préventif repose en général sur la prise quotidienne d’allopurinol.

Classe sociale et goutte

À l’époque, la goutte était surtout connue pour toucher l’aristocratie, comme le roi anglais Henry VIII, et la bourgeoisie qui étaient souvent des “bons vivants” et consommaient beaucoup de viande et d’alcool. Actuellement la goutte touche toutes les classes sociales et semble se développer particulièrement dans les classes populaires, caractérisées comme on l’a vu dans cet article par une augmentation de la malbouffe et de l’obésité. Le luxe en 2014 n’est plus de manger de la viande, mais des fruits et légumes, en tout cas d’un pur point de vue nutritionnel.

Le 8 septembre 2014, par Xavier Gruffat (pharmacien). Sources: The Independant, The Lancet. Photo illustration : © KateD – Fotolia.com

Toutes les boissons alcooliques augmentent le risque de goutte, même le vin

BOSTON On croyait que le vin n’augmentait pas le risque de crise de goutte. Mais une nouvelle étude a montré que toutes les boissons alcooliques augmentent le risque de goutte.
Cette maladie rhumatologique qui touche souvent l’articulation du gros orteil peut être très douloureuse. Aux Etats-Unis on estime que plus de 8 millions de personnes souffrent de goutte. Au Royaume-Uni, comme Creapharma en a parlé, on a constaté une augmentation importante du nombre de cas de goutte ces dernières années.
En 2004, une vaste étude avait montré que les personnes qui consommaient de la bière et des alcools forts (boissons spiritueuses) voyaient leur risque de goutte augmenter. Par contre, ce travail de recherche n’avait pas montré un risque particulier pour le vin.

Nouvelle étude

La Dresse Tuhina Neogi, rhumatologue à l’Université de Boston (Boston University), a décidé de mener une nouvelle étude pour mieux comprendre l’influence du vin sur la goutte.

Son équipe a réalisé son travail en examinant la réponse à un questionnaire portant sur 724 adultes résidant aux Etats-Unis souffrant de goutte. On comptait 78% d’hommes avec un âge moyen de 54 ans.

Les participants étaient amenés à répondre, dans un intervalle de quelques mois, en détaillant notamment le nombre de crise(s) de goutte, la prise ou non de médicaments, la pratique d’exercice, l’alimentation et la consommation d’alcool. Sur ce dernier point, ils devaient détailler le type de boisson alcoolique (bière, vin, alcool fort) consommé.

Les résultats ont montré que plus les personnes buvaient d’alcool et plus le risque de souffrir d’une crise de goutte dans les 24 heures était élevé. Les chercheurs américains ont observé que le risque de goutte était proportionnel à la quantité d’alcool ingéré. Par exemple un verre de vin (5 ounces américain, selon nos calculs 148 ml), un verre de bière (12 ounces, 355 ml) ou un verre d’alcool fort (1,5 ounces, 44 ml) par jour n’augmentent pas beaucoup le risque de goutte. Par contre, une personne qui boit 2 verres d’alcool voit son risque dans les 24 heures qui suit la consommation augmenter de 36% et pour 2 à 4 verres de 50%.

En cas de goutte, attention au vin

Alors que l’étude de 2004 semblait ne pas prendre en compte le vin comme facteur de risque, cette étude de 2014 nous montre au contraire que le vin peut augmenter de façon importante le risque de crise de goutte. Selon les chercheurs américains, la vin était l’un de pires facteurs de risque chez l’homme, moins chez la femme.

En effet, boire régulièrement 1 à 2 tasses de vin par jour augmente le risque de goutte de 138%. Par comparaison, boire régulièrement 2 à 4 bières par jour augmente le risque de goutte de 75%.

Chez les femmes les résultats se sont montrés peu concluants, notamment car il y a avait peu de participantes. Il semble qu’une femme qui boit un verre d’alcool (vin, bière, alcool fort) par jour ne voit pas son risque de crise particulièrement croître.

Cette étude nous montre qu’en cas de goutte, il est conseillé de ne pas boire d’alcool ou seulement en quantité modérée, c’est-à-dire maximum 1 verre par jour. Car la consommation de vin, de bière et d’alcool fort était toujours associée à une augmentation du risque de crise de goutte.

A retenir de cette étude: Le vin peut aussi déclencher une crise de goutte. Toutes les boissons alcooliques augmentent le risque de crise de goutte, de façon proportionnelle à la quantité d’alcool. Pour les patients souffrant de goutte, il est conseillé de ne pas boire d’alcool ou de façon modérée.

4 mars 2014. Article écrit par Xavier Gruffat, Pharmacien diplômé de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich, Suisse (ETH). Photo © wowomnom – Fotolia.com

Nom original de l’étude (en général en anglais) : Alcohol quantity and type on risk of recurrent gout attacks: An internet-based case-crossover study.

Date de publication : 21 janvier 2014 (publié online)

Média : The American journal of medicine

Institution, université principale : Boston University School of Medicine, Etats-Unis.

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Comment traduit-on la goutte (crise) dans d’autres langues ?
Détails de l'éditeur: Cet article a été modifié le 09.08.2015

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